Projections exclusives au « Caméo »-Namur, jusqu’au 15 novembre



A Namur, au « Caméo », ce lundi 07, à 20h., dans le cadre du 150ème anniversaire des relations belgo-japonaises, « Alterno Films », du Service culturel de la Province de Namur, présente « Fuun-jo shi » (« Le Château sous le Vent et les Nuages »/Toko Yamazaki/Jap./1928/62′).

Synopsis: « Un samouraï réintègre son clan après trois ans d’absence. Il découvre que sa fiancée est devenue la maîtresse de son seigneur. Il décide pourtant de rester fidèle à son clan malgré les complots et les mensonges de la Cour ».

Ce mélodrame de samouraïs, situé à l’époque d’Edo, est l’un des rares titres du cinéma muet japonais dont la copie a été restauréenous permettant, par l’image, de vivre aux côtés de courtisanes et d’assister à des combats épiques, … Une incroyable aubaine pour les cinéphiles et autres amoureux du Japon et de ses traditions. Cette projection, en noir-et-blanc étant muette, elle sera musicalement accompagnée par Stéphane Orlando (piano), Nozomi Kanda (shinobue et nôkan, flûtes traversières japonaises) et Tsubasa Hori (taiko, tambour et percussions).

Concernant le cinéma japonais, notons que ses 1ers films furent réalisés en 1896, étant alors consacrés aux pièces du théâtre traditionnel japonais (« Nô » et « Kabuki »), les fictions cinématographiques, alors essentiellement historiques (« jidai-geki »), ne faisant leur apparition qu’en 1908. Et ce n’est que quatre ans plus tard, en 1912, que les sujets contemporains (« jidai-geki ») font leur apparition, à la naissance de la « Nikkatsu », 1ère authentique compagnie cinématographique japonaise.

Toujours grâce au « Service de la Culture de la Province de Namur », leur « Maison de la Culture » étant fermée pour rénovations, nous poursuivons la saison des « Classiques du Mardi », dès le lendemain, mardi 08, à 12h. et 20h., avec « Paris Texas » (Wim Wenders/Fra.-All.-U.K.-USA/87’/1984/Palme d’Or, Prix de la Critique internationale et Prix du Jury oecuménique, en 1984, au « Festival de Cannes »).

Synopsis: « Un homme erre dans le désert, perdu, hagard, assoiffé, sans but. Après qu’il se soit effondré dans un bar à proximité, on dépêche son frère Walt à son chevet. On découvre alors que cet homme a un nom, Travis, et qu’il avait disparu depuis plus de quatre ans. Mais sur le chemin du retour, aucune conversation ne s’enclenche entre Walt et Travis, le second restant bloqué dans son mutisme. Quand il ouvre la bouche pour la première fois, c’est pour parler de Paris. Paris… au Texas. Ainsi commence l’odyssée de Travis ».

… Film à revoir ou à découvrir! Il constitue encore un choc, essentiellement par la simplicité apparente de l’histoire, l’émotion qu’elle véhicule restant universelle. Et cette fiction d’être traversée constamment de moments de grâce indéniable, Wenders s’attachant à magnifier les paysages américains, en livrer une vision hyperréaliste, qui n’est pas sans rappeler les photographies des grands espaces de l’Ouest ou la peinture de certains artistes américains, Edward Hopper en tête de liste.

Sorti en Belgique le 09 mars dernier, projeté en 1ère mondiale au « Festival de Locarno » 2015, où il fut lauréat du « Label Europa Cinemas »« Keeper » (Guillaume Senez/Bel.-Fra.-Sui./2015/91’/www.keeper-film.com), figure au programme du « Caméo », ce mercredi 09, à 14h., avec le soutien de la Ville de Namur et de « Namur Confluent Culture », en partenariat avec le « Festival du Film intergénérationnel » et « l’Oeuvre nationale des Aveugles », ce film étant projeté en auto description. Cette séance est gratuite, mais avec une réservation obligatoire auprès de: marie.tesseur@ona.be.

Synopsis (« Cinévox): « Maxime et Mélanie ont 15 ans. Ils s’aiment comme on s’aime à cet âge, d’une façon à la fois intense et désinvolte, explorant leur sexualité avec fougue et maladresse. Jusqu’au jour où Mélanie annonce à Maxime qu’elle est enceinte. La nouvelle est un coup de tonnerre pour le jeune garçon. Sa 1ère réaction est instinctive: ils ne peuvent pas garder l’enfant, mais, peu à peu, l’idée de devenir père fait son chemin chez lui et c’est lui qui va pousser Mélanie à conserver leur bébé. Pour des ados de 15 ans, la décision n’est pas sans conséquence: la mère de Mélanie n’est pas prête à voir sa fille suivre sa voie chaotique et Maxime qui se destine à une carrière de footballeur pro aura-t-il les épaules assez larges pour donner à son fils la vie qu’il mérite? Le dilemme est intéressant et mené ici avec énormément de sensibilité, sans manichéisme,ni ligne directrice nette, au gré des émois, des angoisses et des élans d’enthousiasme des jeunes protagonistes ». 

Vous l’aurez compris, ce film, à voir ou à revoir, malgré son titre – Maxime (Kacey Mottet-Klein) étant un « keeper » -, n’est absolument pas réservé aux amateurs de football. Ainsi, la vision de cette fiction nous serre la gorge, autant par sa justesse que par les intenses émotions qu’il suscite. En  peu de mots, avec quelques regards, des gestes, c’est tout un pan de l’amour adolescent qui nous est donné à voir, cet amour sincère, parfois comme embarrassé de lui-même, la naïveté et les éclairs de lucidité, les réactions enfantines à des décisions d’adultes et cette farouche volonté d’émancipation précipitée.

A noter que cette projection à lieu dans la ville où ce film a remporté, en 2015, le 1er « Prix de la Critique » du « FIFF » (« Festival International du Film Francophone »), décerné au meilleur long métrage belge par l’ « UCC » (« Union de la Critique de Cinéma ») et l’ « UPB » (« Union de la Presse Cinématographique Belge »), alors que son scénario avait participé, dès 2012, au « Forum de Namur », du « FIFF », année où Guillaume Senez y avait remporté le Prix du Jury, pour son court-métrage « U.H.T. » (Bel./2012/18′), décerné par le « Clap » (« Bureau d’Accueil des Tournages Wallonie-Bruxelles »), également nominé aux « Magritte du Cinéma » 2012 et programmé, la même année, lors de la 40ème et avant-dernière édition de « Média 10/10 »Festival du Court-Métrage organisé par la Province de Namur.

Mais revenons à « Keeper », lauréat de nombreux autres prix, tels le Grand-Prix tant au « Torino Film Festival » (Italie) qu’au Festival 1ers Plans d’Anger (France), le 1er Prix au « Fiuggi Film Festival » (Italie), le « Golden Slipper » au « Zlin Film Festival », (Rép. tchèque), le Prix spécial du Jury au « Festival international du 1er Film d’Annomay » (France), les Prix du Jury et d’Interprétation féminine au « Festival international de Marrakech » (Maroc/Jury présidé par Francis Ford Coppola), le « Young Talent Award » au « Filmfest Hamburg » (Allemagne), le « Teens Choise Award » au « Valletta Film Festival » (Malte), le Prix du Jury Jeunes au « Festival du Film français d’Helvétie » (Bienne/Suisse) et la Mention spéciale du Jury au « Festival du Film de Varsovie » (Pologne)… Un film belge qui a incontestablement brillé à l’étranger, tant en Afrique et en Asie qu’en Europe!

« Premier film du franco-belge Guillaume Senez, qui sait, par la qualité de son écriture et de son interprétation, rendre passionnant un sujet mille fois vu: un couple d’ados amoureux sur le point d’avoir un enfant et les interrogations et drames que cela suscite. Kacey Mottet-Klein (déjà vu dans « L’enfant d’en haut »/Ursula Meier/Fra.-Sui./2012/97’/ndlr), le garçon, et Galatea Bellugi, la fille, sont tops, et le film, d’une intensité rare », écrivait Aurélien Ferenczi, pour « Télérama ».

« Ni comédie, ni film social misérabiliste, ni pensum moralisateur, Keeper est un instantané réaliste et émouvant de l’existence de deux ados confrontés à un choix de vie majeur. Car, et c’est là la force du film, son atout essentiel, il est d’un naturel saisissant rarement vu sur grand écran. Cette exceptionnelle spontanéité, préservée avec infiniment de patience par le réalisateur, est surtout due au talent inné de comédiens triés sur le volet: constamment justes, pertinents et attachants… Par son naturalisme sidérant, l’universalité de son sujet, son traitement unique et l’interprétation superlative des cinq comédiens principaux (et des plus petits rôles aussi, ce qui n’est pas si courant), Keeper est une formidable pépite, intense, et pleine d’énergie, un film fascinant qui, au-delà de son sujet, annonce la naissance d’un nouveau grand cinéaste doté d’une vision et d’une forte personnalité. Un cinéaste, quoi … », pour « Cinévox ».

Pour suivre, le mardi 15, à 20h., en avant-première nationale, en présence de son réalisateur roumainRadu Mihaileanu« L’Histoire de l’Amour » (Fra.-Can.-USA-Roum./2016/134′).

Synopsis: « New York, de nos jours. Léo, un vieux juif polonais immigré, espiègle et drôle, vit dans le souvenir de « la femme la plus aimée au monde », le grand amour de sa vie. À l’autre bout de la ville, Alma, dans la fougue d’une adolescence pleine de passion, découvre l’amour pour la première fois. Rien ne semble lier Léo à Alma. Et pourtant… De la Pologne des années 30 à Central Park, aujourd’hui, le manuscrit d’un livre, « L’histoire de l’amour », va voyager à travers le temps et les continents pour unir leurs destinées ».

Nous retrouvons, ici, le meilleur du cinéma de Radu Mihaileanu, son art de la narration complexe, mais toujours haletante, une gestion flamboyante des émotions, une partition musicale lyrique qui donne éclat et relief au drame. A chacun de ses très nombreux personnages, sans cesse en mouvement, il offre de la saveur et de la couleur, gardant toujours le sens de l’humour, de la dérision, alors qu’ils doivent affronter les pires drames, la tension dramatique devant également se nourrir de situations cocasses et d’échappées burlesques.

Sur l’écran, nous vivons une romance, palpitante, échevelée, poignante, au travers d’histoires qui défilent avec une incroyable fluidité, tout en se déroulant à des époques différentes, avec des harmonies subtiles entre des destinées totalement éloignées les unes des autres. Cet hymne à l’amour succède à sa précédente réalisation – tournée à Warialt, un village marocain berbère, sis dans la vallée de l’Ourika, au sud de Marrakech – de « La Source des Femmes » (Fra.-Ita.-Maroc/ 2011/135′).

Remontant dans la filmographie de Radu Mihaileanu (°1958), qui vécut en Israël, avant de poursuivre des études de cinéma, à Paris, à l’ « Idhec » (« Institut des hautes études cinématographiques »), évoquons son film au sujet autrement dramatique, « Va, vis et deviens » (Fra.-Israël/2005/140′), qui nous emmenait vivre au Soudan, au sein d’un camp de réfugiés juifs éthiopiens. « César du meilleur Scénario original » (avec Alain-Michel Blanc), en 2006, cette fiction a remporté, en 2005, le Grand Prix et le Prix du Public, au « Festival du Film d’Aventure de Valenciennes » (France), le « Label Europa Cinemas », ainsi que le Prix du Jury œcuménique et le « Panorama Audience Award », à  la « Berlinale » (Berlin/Allemagne), le « Cygne d’Or du meilleur Film », à Copenhague (Danemark) et l’ « Audience Award » au « Festival du Film de Vancouver » (Canada).

Fait « Chevalier de la Légion d’Honneur » (2011) et « Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres » (2014), il fut aussi primé à Namur, en 2002, recevant le Prix du Jury Jeunesse du « FIFF », pour « Les Pygmées de Carlo » (Fra./2002/101′). Pour « Train de Vie »(Fra.-Bel.-Israël/1998/103′), Radu Mihaileanu, reçu, en 1998, les Prix « FIPRESCI » (« International Federation of Film Critics ») et  « Anicaflash » (société italienne de production de bandes d’annonces de films) à la « Mostra de Venise » (Italie), les Prix du Public et de la Critique, au « Festival International du Film de Sao Paulo » (Brésil) et le Prix du Public au Festival du Cinéma Est-Européen de Cottbus (Allemagne), ainsi qu’en 1999, les Prix du Public de deux Festivals du Film américains, ceux de Sundance et de Miami, ainsi que le Prix du Film le plus populaire au Festival International du Film des Hamptons (Etat de New York/USA) et le Prix du meilleur Film étranger aux « David di Donatello » (équivalents italiens de nos « Magritte du Cinéma »), le « Syndicat italien des Journalistes du Cinéma » lui accordant leur « Ruban d’Argent ».

… De quoi accorder un chaleureux accueil à Namur à ce cinéaste roumain qui viendra à la rencontre de son public au « Caméo », qui se souvient certainement d’un de ses films à grand succès, « Le Concert » (Fra.-Bel.-Ita.-Russe-Roum./2009/120′), ce film – lauréat, en 2010, des « César de la meilleure Musique et du meilleur Son, et en 2009 du Prix du Public du « Festival Cinemania » (Montréal/Canada) – racontant  la tentative d’un groupe d’anciens musiciens, exclus du Bolchoï de Moscou, de remplacer secrètement leurs successeurs actuels pour interpréter un concert au « Théâtre du Châtelet », à Paris.

Quant à la programmation régulière proposée par « Les Grignoux », à Namur, soulignons la présence actuelle à l’affiche de quelques excellents films, comme « La Fille inconue » (Jean-Pierre et Luc Dardenne/Bel.-Fra./2016/106’/avec Adèle Haenel, Christelle Cornil, Olivier Gourmet et Jérémie Renier/ Film  d’Ouverture  du « FIFF » 2016/une jeune médecin généraliste se sentant coupable du décès d’une personne à qui elle n’avait pas ouvert la porte de son cabinet, en soirée), « L’Odyssée » (Jérôme Salle, après avoir porté « Largo Winch » à l’écran/Fra./ 2016/122’/avec Audrey Tautou et Lambert Wilson/une fiction, fort proche de la réalité, sur la vie du Commandant Cousteau), « Ma Vie de Courgette » (Claude Barras/Sui.-Fra./2016/ 66’/ « Cristal du long-métrage » et Prix du Public au « Festival du Film d’Animation d’Annecy »/« Bayard d’Or de la meilleure Photographie », pour David Toutevoix. au « FIFF »/Meilleur Film européen au « Festival International du Film de San Sebastien »/« Valois de Diamant » au « Festival du Film francophone d’Angoulème »/merveille de l’animation qui nous caresse dans le sens de l’émotion lumineuse, des complicités chatoyantes, de cette part d’enfance qui soulève les montagnes et enchante le monde), « Allende, mon Grand-Père » (Marcia Tambutti Allende/Chili-Mex./2014/97’/« Oeil d’Or », « Prix du Documentaire du Festival de Cannes »/une réflexion sur la fonction de l’image, les liens entre intimité et engagement politique, la difficulté à lier le besoin du souvenir et le respect de la douleur des proches/un film émouvant, nous dévoilant la vie familiale de « Chicho », surnom de Salvadore Allende, de son enfance à ses funérailles nationales, au Chili, après l’exil dû à 17 ans de dictature, avec des échanges récents entre sa petite-fille, la réalisatrice, et les autres membres de sa famille, dont les derniers témoignages de son épouse, décédée à 95 ans),« Aquarius »  (Kleber Mendonça Filhoeber/Brésil/2016/ 145’/superbe ode à l’indépendance d’esprit, l’attachement d’une dame d’âge respectable voulant conserver son appartement, opposée à des entrepreneurs immobiliers peu scrupuleux), « Mal de Pierre » (Nicole Garcia/Fra.-Bel./2016/ 116’/avec Marion Cotillard/du pur romanesque, à l’ancienne), « Le Ciel attendra » (Marie-Castille Mention-Schaar/ Fra./ 2016/105’/avec Sandrine Bonnaire/une fiction d’actualité, avec 2 jeunes-filles et leurs parents, confrontés à l’embrigadement islamiste pour la Syrie), « Moi, Daniel Blake » (Ken Loach/ U.K.-Fra.-Bel./2016/ 101’/ « Palme d’Or »au « Festival de Cannes » 2016/une critique féroce d’un système social qui se déshumanise à vue d’œil). Pour plus de détails, consultez le site: www.lecameo.be.

De Cannes, retour à Namur, pour vous souhaiter, à tous, d’excellentes séances de cinéma au « Caméo »!

Yves Calbert, avec des extraits de textes publiés par « Les Grignoux ».

 

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