L’Internationale socialiste appelle au respect de la démocratie en Turquie

L’Internationale socialiste appelle au respect de la démocratie en Turquie et à la libération des leaders du HDP détenus
L’Internationale Socialiste déplore vivement l’arrestation de Selahattin Demirtaş et de Figen Yüksekda, co-présidents du Parti démocratique des peuples (Halkların Demokratik Partisi), HDP, un parti membre de l’Internationale Socialiste, et la détention de 11 parlementaires du HDP, dans une nouvelle atteinte à la démocratie suite aux précédentes répressions et restrictions aux libertés et aux droits des citoyens de ce pays.
Le HDP est le troisième plus grand parti politique en Turquie et a obtenu des sièges au parlement en juin 2015 en dépit du seuil existant de 10%, et une fois de plus lors des nouvelles élections de novembre 2015. En mai de cette année, l’immunité dont bénéficient habituellement les députés en cas de procédure judiciaire a été levée pour les membres du HDP. Les membres du parti ont par la suite protesté contre les perquisitions répétées de leurs domiciles et bureaux, l’interdiction de voyager et les arrestations arbitraires, en particulier depuis le coup d’État manqué en juillet dernier.
L’Internationale Socialiste, qui inclut le Parti républicain du peuple (Cumhuriyet Halk Partisi), CHP, le principal parti d’opposition en Turquie, en tant que membre de plein droit, et le HDP en tant que membre consultatif, a suivi de près et avec inquiétude l’évolution en Turquie depuis la tentative de coup d’État en juillet, à laquelle les deux partis se sont fermement opposés. Dans le contexte de l’état d’urgence déclaré en juillet, qui a depuis lors été prolongé jusqu’en janvier 2017, il est estimé que plus de 110.000 hauts fonctionnaires ont été détenus ou suspendus, plus de 130 journalistes ont été placés en détention, plusieurs centaines se sont vus confisquer leur carte de presse et plus de 150 sociétés de médias ont été fermées. Ces derniers jours, les autorités ont pris d’assaut les locaux du journal Cumhuriyet, arrêtant 15 membres du personnel, dont son rédacteur en chef.
Les représentants de l’opposition politique et la liberté d’expression en Turquie sont victimes de l’absence d’une bonne exécution ou du refus d’appliquer la présomption d’innocence dans le cas des accusés et détenus, de l’absence d’une application régulière de la loi et de transparence nécessaire ainsi que de garanties requises en cas de mise en œuvre de l’état d’urgence. Il est dès lors d’une importance capitale que toute limitation des droits, restriction de la liberté d’expression, détention ou tout emprisonnement soit clairement justifié en conformité avec la loi, si la Turquie désire rester une démocratie.
Le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan doit de toute urgence changer de trajectoire pour renforcer et défendre les règles et principes de la démocratie, et ne pas les affaiblir en les éludant ou en les bafouant. La lutte contre la terreur en Turquie et sa prise pour cible criminelle de vies innocentes, que nous condamnons fermement, se verra renforcée par un système judiciaire et de justice qui protège et défend tous les droits et toutes les libertés de tous les citoyens de Turquie.

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