A Bruxelles et Schaerbeek, avec « Tintin au Pays des Soviets »

Habillés comme en 1929, devant l'une des deux fresques de la Gare du Midi
(c) “Hergé-Moulinsart 2017”
« Son dessin est maladroit, mais il est d’un incroyable dynamisme, évoluant au fil de l’album, devenant plus régulier, plus souple, plus vif. Cet album marque le début de la bande dessinée » (Philippe Godin« Hergé, Tintin et les Soviets »/ Ed. Moulinsart/164 pages/31€50).
Telle est la présentation, en quelques mots, de la première aventure du célèbre jeune reporter, telle que livrée par le biographe d’« Hergé », à l’occasion de l’édition de la version colorisée de « Tintin au Pays des Soviets », dessiné en 1929, à la demande de l’Abbé Norbert Wallez, pour « Le Petit Vingtième » (supplément hebdomadaire du « Vingtième Siècle », créé en novembre 1928), s’inspirant d’un livre de Joseph Douilletancien consul belge en Russie.
Devant le train aux couleurs de
“Tintin au Pays des Soviets”
Mais revenons en 2017, avec les 3 journées festives précédant l’arrivée en librairies, le mercredi 11 janvier, de ce superbe album colorisé (Ed. Casterman/144 pages/22,6 x 30,4 cm/14€95/édition de luxe: 30,5€).
(c) “Hergé-Moulinsart 2017”
Ainsi, le samedi 07, sortant de la « Gare Centrale », à 14h, accueilli par près de 200 personnes, « Tintin » (dont le rôle était tenu par un jeune étudiant en marketing), prit place dans une « Amilcar » rouge, pour se rendre sur la Grand’Place de Bruxelles, où la foule était bien plus nombreuse, chacun recevant un petit souvenir de cet événement, un « Milou » et un « Capitaine Haddock » ayant remporté lesdeux prix, ceux récompensant le fox terrier à poil dur le plus ressemblant et le meilleur déguisement, tous deux posant aux côtés de« Tintin » et de son véhicule d’époque, à bord duquel il se rendit à la « Galerie Tintin », du Grand Sablon, où le verre de l’amitié fut offert.
Sur la Grand’ Place (c) René Breny
Le dimanche 08, de nombreuses familles furent accueillies par « Tintin », au « Musée Hergé », à Louvain-la-Neuve, que tout amateur de BD se doit de visiter un jour. Profitant de l’entrée exceptionnellement gratuite, les enfants, avant ou après leur visite des différents étages du musée, purent participer à un quiz et à d’autres animations.
Habillés comme en 1929, devant l’une des
deux fresques de la Gare du Midi
Enfin, le lundi 09, de nombreux journalistes, venus de plusieurs pays, avaient rendez-vous à la Gare du Midi, sous la fresque de « Tintin »en Gare de Moulinsart, en présence de deux accompagnateurs de la « SNCB », habillés comme en 1929, à l’occasion de l’arrivée de« Tintin » en Gare du Nord« , sise, à l’époque, sur la Place Rogier.
“Tintin” en plein effort (1929)
et décontracté (2016)
Nous suivons « Tintin » sur le quai et découvrons un superbe train aux couleurs de « Tintin au Pays des Soviets », destiné à nous emmener en Gare de Schaerbeek, où le BourgmestreBernard Clerfayt, nous attend devant un wagon « Loc Lomond », ce whisky fort apprécié par le « Capitaine Haddock », … qui ne rejoignit « Tintin » qu’en 1941, en pleine aventure du « Crabe aux Pinces d’Or », alors qu’il était attablé, dans son paquebot, buvant un … whisky, … « Loc Lomond », bien sûr.
Avec le Bourgmestre de Schaerbeek
Afin d’assister à la conférence de presse présentant la BD  colorisée des aventures de« Tintin » en Russie, nous entrons, ensuite, dans cette impressionnante gare de Schaerbeek, donnant accès à l’intéressant musée« Train  World », où Nick Rodwell , administrateur délégué de « Moulinsart », nous accueille avec enthousiasme: « I am very, very happy! This is a major moment. It’s a great pleasure to work with ‘Casterman’ and ‘Gallimard’. » (« Je suis très, très heureux! C’est un moment important. C’est un grand plaisir de travailler avec‘Casterman’ et ‘Gallimard’). »
Devant la Gare de Schaerbeek,
en pensant au “Capitaine Haddock”
Charlotte Gallimard prend ensuite la parole, remerciant Fany et Nick Rodwell, soulignant qu’ « ilest difficile de résister à cet album, qui nous emmène vraiment au coeur de l’aventure, la colorisation soufflant un vent neuf sur cette oeuvre de jeunesse. »
Ayant souhaité « tout le succès qu’il mérite à cet album », elle cède le micro au Directeur Général de « Casterman », qui nous dit sa chance d’avoir pu rencontrer « Hergé », soulignant qu’au décès de ce dernier, il avait noté une « vente considérables des différents albums de ‘Tintin‘. », se réjouissant, aujourd’hui, de la colorisation d’un « album mythique. »
“Tintin” entre ses Coloristes,
Michel Barreau et Nadège
… Mais, justement, il est temps d’en venir à l’essentiel: la colorisation, en donnant la parole à Michel Bareau, retenu par « Moulinsart », afin d’assurer ce travail: « En 1929, ‘Hergé’, alors âgé de 21 ans, n’avait aucune notion des couleurs, si ce ne sont  la couleur chair de‘Tintin’ ou celle, bleutée, de ses vêtements russes, sans oublier la blondeur de ses cheveux. Hors, à l’exception de l’ « Alph Art », la dernière aventure du jeune reporter, qui restera, à jamais, inachevée, et de Tintin au Pays des Soviets », tous les albums édités en noir-et-blanc, furent ré-édités en couleurs. »
Un superbe Train!

… ” Hors, je me suis mis à la place d’un lecteur, qui, découvrant un vieux film en noir et blanc, souhaitait la mettre en couleur, utilisant les techniques du 21ème siècle, comme pour les documentaires tournés dans les tranchées de la guerre 14′-18′. Ayant reçu l’accord de Fanny Rodwell, ce sont ces derniers qui m’inspirèrent en vue d’un travail de deux ans, destiné à coloriser, avec l’assistance de Nadège, le premier album des aventures de ‘Tintin’. “

… “Pas question donc, ici, d’utiliser les couleurs vives des autres albums. Tout au contraire, la colorisation, avec ses tons pastels, doux, met en valeur la signification de l’image, tout en redécouvrant l’ambiance des années ’20 – ’30. Au passage, je remercie Daniel Couvreur (journaliste au “Soir” et auteur de plusieurs ouvrages sur la BD, ndlr), qui rapproche la présente colorisation de l’oeuvre de l’école italienne futuriste, qui fut exposée au ‘Palais des Beaux-Arts’, à Tournai, au sein de l’exposition ‘La Beauté sauvera le Monde’.”

(c) “Hergé-Moulinsart 2017”
… « Afin de respecter le travail d’ ‘Hergé’, nous avons travaillé à partir des planches originales scannées, évitant ainsi toute rupture de tonalité, sans aucun contrôle, de type ‘ayatollah’ (sic), de ‘Moulinsart’. A noter que les bidons ‘Shell’, à l’époque, étaient de couleur brique, un ton subtil que nous avons préféré au jaune criard actuel. Aussi, en noir-et-blanc, ‘Milou’, tout blanc, ne ressortait pas assez. Maintenant, il explose à notre regard, nous permettant de mieux profiter de son caractère facétieux, une meilleure visibilité de cette oeuvre d’ ‘Hergé’ nous étant ainsi offerte, la colorisation attirant, par ailleurs, davantage les enfants d’aujourd’hui que le noir-et-blanc du début du 20ème siècle (d’autant plus lorsqu’il y a 144 pages à feuilleter, ndlr). »  
« Je vous enverrai des cartes postales, de la vodka, du caviar », disait « Tintin » au moment de quitter Bruxelles, à  destination de Moscou.Quant à l’étudiant, interprétant le rôle de notre héros, plus question de prendre le train pour rejoindre l’est européen, comme on le faisait en 1929. « Brussels Airlines » fut donc choisi, mais il nous confia que, suite à une grève des bagagistes, à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, le 02 février 2016, il faillit ne pas pouvoir prendre son envol pour la Russie, Quant à pouvoir être filmé sur la Place Rouge, ou ailleurs à Moscou, l’Ambassade de Belgique dut intervenir auprès des  autorités russes, … comme quoi l’ aventure était également au rendez-vous du « Tintin » en chair et en os, près de 90 ans après celle vécue par le personnage qu’il incarnait« au Pays des Soviets ».…
(c) “Hergé Moulinsart 2017”
… Un « Pays des Soviets » que nous retrouvons, jusqu’au 16 avril, dans les différentessalles de « Train World », où « Tintin » a posé ses valises, remplies de différents documents, en rapport avec les trains qu’il rencontra, également, en Chine (« Le Lotus Bleu »), au Pérou(« Temple du Soleil ») et en Ecosse (« L’ïle Noire »), une salle étant réservée aux dessins originaux  de Georges Remy (1907-1983).
« Train World » est ouvert du mardi au dimanche, de 10h. à 17h. Prix d’entré: 10€ (7€50, pour les PMR, les membres d’un groupe de minimum 15 personnes, les moins de 25 ans & à partir de 65 ans / 0€ pour les moins de 6 ans, les enseignants, les accompagnateurs de PMR & ainsi que les 1ers dimanches du mois / 30€ par famille de 2 adultes & de 2 à 4 enfants de moins de 18 ans). Audioguide: 2€ (0€ via l’enregistrement sur votre« smartphone »).
Yves Calbert / Photos (sauf indications contraires): (c) Laszlo Arany.

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