“Tintin” : “Tous les Secrets de la Licorne”, au “Musée Hergé”, jusqu’au 07 Janvier

 

“Musée Hergé” (c) Christian de Portzamparc

En 1942, pour les besoins de son récit en cours d’exécution, “Hergé” (Georges Remi/1907-1983) s’inspire des plans d’un vaisseau de la marine de guerre française du 17ème siècle. Ce document permet au dessinateur de représenter avec plus de précision “La Licorne”, objet d’une des plus belles aventures de “Tintin”, “Les Secrets de la Licorne”, un travail facilité par la réalisation d’une maquette en trois dimensions de cet ancien “trois mâts”, d’une longueur de 55 centimètres, de la poupe à la proue, équipé de cinquante canons, et de voiles en lin, sachant que ce vaisseau du “Chevalier François de Hadoque” trônera fièrement dans le bureau de l’auteur jusqu’en 1960, année durant laquelle, il offre cette magnifique maquette à son vétérinaire, en reconnaissance des bons soins prodigués à ses chats.

Intérieur de “La Licorne” (c) “Galerie Moderne”
Intérieur de “La Licorne” (c) “Galerie Moderne”

“La Licorne”, réalisée par le maquettiste bruxellois, Gérard Liger-Belair, disparaît alors des écrans durant de longues années pour se voir, le 19 juin dernier, proposée, par les héritiers de son vétérinaire, lors d’une vente aux enchères, organisée par l’ Hôtel des Ventes de la “Galerie Moderne” d’Ixelles, durant laquelle elle sera acquise, pour une somme de 32.000€, hors frais, par un collectionneur passionné, ravi d’avoir pu emporter la mise, permettant ainsi à cet objet d’exception de rester en Belgique, son pays d’origine

“Tintin” découvre “La Licorne”
(c) “Hergé-Moulinsart”
1ère Edition en 1943
(c) “Ed. Casterman”

… Et, pour qu’un large public belge puisse l’admirer, le “Musée Hergé” vous la présente juqu’au dimanche 07 janvier 2018 inclus, faisant de Louvain-la-Neuve une bien belle destination familiale, durant nos vacances de Noël, une idée originale, aussi, pour bien terminer l’année 2017 ou bien commencer l’année 2018, … d’autant que, faisant d’une pierre daux coups, nous pouvons, le même jour, découvrir le tout nouveau “Musée L”, situé à quelques centaines de mètres du “Musée Hergé”…, une section de ce Musée Universitaire nous proposant des objets rapportés de l’ancien Congo belge, ceux-ci ne pouvant que nous faire penser à la seconde aventure de notre brillant reporter bruxellois, “Tintin au Congo”, prépubliée, en noir-et-blanc, de juin 1930 à juin 1931, étant conscients que le “Musée Hergé”, lui-même, mérite que l’on prenne le temps de visiter ses différentes salles, la première ayant été dernièrement remaniée, afin d’assurer une bonne conservation des oeuvres originales d’ “Hergé” !

Scène du Film de Steven Spielberg
L’une des Affiches du Film de Steven Spielberg

 

Rappelons que “Le Secret de La Licorne”, onzième aventure de “Tintin”, prépubliée, en strips noir et blanc, du 11 juin 1942 au 14 janvier 1943, dans les pages du quotidien “Le Soir”, fut édité, en couleurs, en 1943, par les “Editions Casterman”, de Tournai… Sujet d’un disque 33 tours, gravé par “Pathé-Marconi” (1963), ce titre est l’objet d’un dessin amimé réalisé, pour la télévision, par “Belvision” (1957/67′), avant que “La Licorne” n’apparaisse sur grand écran, et en trois dimensions, grâce au film éponyme (USA-Nouvelle-Zélande/2011/107’/lauréat, à Hollywood, en 2012, du “Golden Globe du meilleur Film d’Animation”), réalisé sous la direction du réalisateur américain Steven Spielberg, … qui vient de confier qu’il pense, enfin, réaliser un second film consacré aux aventures de “Tintin”

Evénement Version colorisée (c) Laszlo Arany

Quant à ce personnage de “Tintin”, il fut créé par “Hergé”, en 1929, sa première aventure, “Tintin au Pays des Soviets”, d’abord publiée par l’ancien journal belge “Le Vingtième Siècle”, au sein du “Petit Vingtième”, son supplément hebdomadaire, destiné à la jeunesse, fut, ensuite, éditée en album, en noir-et-blanc, en 1930, par ces mêmes “Editions Casterman”, qui nous en proposent, désormais, une édition colorisée (144 pages/22,6 x 30,4 cm : 14€95/édition de luxe : 30€50), sa sortie événementielle ayant eut lieu il y a près d’un an, le 11 janvier 2017.

Dominique Maricq, l’un des Coauteurs (c) “La Meuse”

… Mais revenons à la maquette de “La Licorne”, pour signaler que son exposition au “Musée Hergé” est proposée à l’occasion de la sortie du superbe ouvrage “Tous les Secrets de La Licorne”  (“Gallimard”“Editions Moulinsart”/ 05 octobre 2017/23.5 x 28.5 cm/184 pages/300 illustrations/noir-et-blanc et couleurs/couverture cartonnée, avec jaquette), une réalisation d’Yves Horeau (historien de la marine du 17ème siècle, nous livrant “Tous les Secrets de la Licorne”), Jacques Hiron (journaliste-écrivain, passioné par la marine et l’oeuvre d’ “Hergé”) et Dominique Maricq  (écrivain, archiviste aux “Studios Hergé”, spécialiste du “maître de la ligne claire”).

Page 103/Case de la Planche 17 (c) “Gallimard-Ed. Moulinsart”
(c) “Galimard-
Ed. Moulinsart”

 

 

 

 

 

 

 

Come écrit sur la jaquette de ce précieux livre ‘Le Secret de la Licorne” est une réussite totale, alliant qualité du scénario et virtuosité du trait. Cette haletante saga, sur fond de chasse au trésor, (faisant) la part belle au mystère et à l’évasion… “,

Ecoutons Dominique Maricq : “Il s’agit, ici, d’une œuvre charnière, ‘La Licorne’ devenant un personnage à part entière, se trouvant dans le titre même de l’album, constituant le ‘fil rouge’ de l’action. Notre livre devrait intéresser les amateurs d’histoire de la marine autant que les ‘tintinophiles’. Et je pense qu’à l’instar de ‘La Licorne’, d’autres objets phares d’ ‘Hergé’ mériteraient de nourrir des ouvrages comme celui-ci, tels le ‘fétiche Arumbaya’ (des sixièmes aventures de ‘Tintin’, ‘L’0reille cassée’ – “Ed. Casterman”/1937 -, cette fameuse statuette en bois, dont l’original, qui inspira le dessinateur, est précieusement conservé aux ‘Musées d’Art et d’Hisoire’ du ‘Cinquantenaire’, ndlr) ou la fusée lunaire (des 16èmes et 17èmes albums, ‘Objectif Lune’ et ‘On a marché sur la Lune’ – “Ed.Casterman”/1953 et 1954 -, ndlr).

Les auteurs rappelent que, selon ses dires, “Hergé” n’a pas été influencé par Jules Vernes, n’ayant parcouru son oeuvre que bien plus tard. Par contre, comme écrit dans le présent ouvrage (p. 19), le 10 janvier 1975, “Hergé” déclare que l’ “Ile au Trésor”, de Robert Louis Stevenson, est l’un de ses trois romans préférés, … ce qui peut être à l’origine d’une exclamation du Capitaine Hadock, dans la suite des “Secrets de la Licorne”, à savoir “Le Trésor de Rakham le Rouge” : “La voilà enfin notre … île au trésor…”

Case Planche 15 (c) “Hergé-Moulinsart”
(c) “Hergé-Moulinsart”

Inutile d’ajouter que cet ouvrage, superbement documenté, nous révèle bien d’autres anecdotes qu’une simple lecture de la bande dessinée ne nous permet pas de décrypter, ce livre étant donc on ne peut plus recommandé, afin de pouvoir mieux cerner l’oeuvre d’ “Hergé” ! … Et quel plaisir de découvrir, aux pages 82 et 83, huit strips de la bande dessinée origninale photographiés, alors qu’ils sont collés sur une double page d’un cahier, nous rappelant qu’à l’époque les BD étaient prépubliées de cette manière, bien sûr en noir-et-blanc, notamment, pour “Tintin”, dans le quotidien “Le Soir” (voir ci-dessous). A noter l’intéressante publication, par les “Editions Moulinsart” du livre, en format à l’italienne (voir ci-dessus), “Les vrais Secrets de La Licorne” (2006/127 p.), reprenant les strips en noir-et-blanc, avec des textes explicatifs, illustrés en couleurs, rédigés par Daniel Couvreur et Frédéric Soumois, les recherches documentaires étant de Philippe Goddin, un autre spécialiste de l’oeuvre d’ “Hergé”.

Strip prépublié par “Le Soir” (c) “Hergé-Moulinsart”
Case de la planche 6 (c) “Hergé-Moulinsart”

Quel plaisir de découvrir, également la reproduction de nombre de crayonnés et croquis originaux, les auteurs nous apprenant (p. 78) qu’ “Hergé” avait demandé, en 1954, à Jacques Laudy (1907-1993), co-fondateur, avec lui, Edgar Pierre Jacobs (1904-1987) et Paul Cuvelier (1923-1978), du “Journal Tintin”, en 1946, de peindre à l’huile le portrait du Chevalier François de Hadocque, une peinture portant l’incription originale “Françoy de Hadocque aetatis suae 42, 1698″… Un trait d’histoire, encore, quant à la page 64, les auteurs reproduisent quatre cases et une cinquième, en pleine page, nous rappelant comment “Tintin” fit la connaissance du Captitaine Haddock, dans “Le Crabe aux Pinces d’Or” (9ème aventure de “Tintin”/”Ed. Casterman”/ 941)

Case de la planche 19 (c) “Hergé-Moulinsart”

Quant à la qualité des reproductions des cases conçues par “Hergé”, les agrandissements que nous proposent les trois auteurs sont des plus éclairants, ainsi, cetaines simples cases, extraites du bleu de coloriage, sont reproduites sur deux pages, comme pour la planche 19 de la BD (p. 112 et 113 du présent ouvrage) ou pour la planche 40 de l’album (“Ed. Casterman”/1944) “Le Trésor de Rakham le Rouge” (p. 148 et 149), cette dernière nous montrant l’épave de “La Licorne”, “hautement fantaisiste”, car “depuis 1698, ce qui restait de la coque (aurait) eu largement le temps de ce dégrader…”, écrivent les auteurs

Case de la Planche 40 “Le Trésor de Rakham le Rouge”
(c) “Hergé-Moulinsart”

Afin d’apprécier, à sa juste valeur, la qualité des traits sobrement dessinés par “Hergé”, il convient, vraiment, de compulser l’ouvrage que nous présentons dans ces lignes, nos chromos illustratifs, de par leurs formats réduits, et leurs couleurs, moins fidèles, ne pouvant aucunement confirmer ce que nous tenons à souligner… Imaginez dons les les deux mini-reproductions ci-dessus, qui, au sein de l’ouvrage de référence, sont d’un format de 47 x 28,5 cm

… Quant à la fin de ce livre, elle n’est pas consacrée à “Tintin” et à ses compagnons d’aventure, mais bien à “La Visite de la Licorne”, grâce aux compétences maritimes d’Yves Horeau et de Jacques Hiron.

(c) “Galerie Moderne”

Voilà, en cette période de fêtes, une bien belle idée de cadeau, … que l’on peut, d’ailleurs, se faire à soi-même, … en n’oubliant pas que “La Licorne” ne sera offerte à notre émerveillement que jusqu’au dimanche 07 janvier, l’ouvrage “Tous les Secrets de la Licorne” pouvant être compulsé, à l’aise, dans la boutique du “Musée Hergé”

Ouverture : du mardi au vendredi, de 10h30 à 17h30, le samedi et le dimanche, de 10h à 18h. Prix d’entrée du Musée (audio guide inclus) : 9€50 (7€, pour les étudiants, seniors et membres de familles nombreuse / 5€, de 07 à 14 ans et pour les étudiants de Louvain-la-Neuve / 1€25 pour les “Article 27” / 0€, jusqu’à 06 ans inclus). Situation : à 300 m de la gare ferroviaire. Site webwww.museeherge.com.

Yves Calbert.

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