Soins dentaires préventifs : de mieux en mieux !

SANTE

L’étude menée par Solidaris (la Mutualité Socialiste) le montre : le taux de recours aux soins dentaires a progressé de 2013 à 2016, mais on observe toujours un fort clivage socio-économique, en particulier pour les soins préventifs. Le clivage est aussi régional, le recours aux soins préventifs étant sensiblement plus élevé en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles.
En 2016, le « trajet de soins buccaux » est entré en vigueur. L’objectif de cette mesure est d’inciter la population à recourir davantage aux soins dentaires préventifs en majorant le ticket modérateur des soins conservateurs des personnes n’ayant pas eu de contact avec leur dentiste l’année précédente. Dès 2015, de larges campagnes d’informations ont été mises en place. Solidaris a étudié leur impact sur le comportement de la population belge.
Une augmentation du recours aux soins dentaires mais… un clivage socio-économique persistant…
Le pourcentage de la population affiliée ayant des contacts réguliers avec un dentiste augmente de 43% à 45% de 2013 à 2016. La progression est plus prononcée pour les contacts préventifs : de 21% à 24% pour les « Bénéficiaires Ordinaires » (BO) et respectivement 13% à 16% pour les « Bénéficiaires de l’Intervention Majorée » (BIM). Le clivage socio-économique dans le taux de recours aux soins dentaires reste donc marqué.
… doublé d’un clivage régional.
La proportion de la population affiliée ayant des contacts réguliers avec un dentiste est plus élevée en Flandre (48% en 2015) qu’en Wallonie (41%) et à Bruxelles (44%). De même, les contacts préventifs sont plus nombreux dans le nord du pays (27%) que dans le centre (22%) et dans le sud du pays (18%). En particulier dans le sud du Hainaut et de Namur et une partie importante de la province du Luxembourg, le recours aux soins dentaires préventifs reste particulièrement faible.
Le trajet de soins bucco-dentaire et les campagnes d’informations qui ont précédé sa mise en place ont eu un impact limité sur les populations recourant moins aux soins dentaires.
La mise en place de cette mesure et les campagnes de sensibilisation ont eu un impact positif en incitant une partie plus importante de la population à consulter son dentiste dans un cadre préventif. Néanmoins, la population qui s’est montrée réceptive à cette politique d’incitants financiers ainsi qu’aux campagnes d’information des mutualités est majoritairement constituée de personnes recourant déjà de manière régulière aux soins dentaires préventifs. L’impact sur les populations recourant moins aux soins dentaires est donc resté limité.
Les mesures incitatives et les campagnes d’informations doivent être poursuivies mais adaptées.
Selon Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris, « cette première évaluation de la mise en place du ‘trajet de soins bucco-dentaires’ démontre que les mesures incitatives et les campagnes d’information doivent être poursuivies mais aussi adaptées pour toucher davantage les populations qui ne recourent pas régulièrement aux soins dentaires ».
Dans cette optique les mutualités ont récemment proposé à la ministre des Affaires sociales un plan d’actions coordonnées en concertation avec les autres niveaux de pouvoir et les acteurs locaux de la santé avec l’objectif d’augmenter de 3% le taux de recours aux soins dentaires préventifs sur une période de trois ans pour certains publics cibles privilégié comme les enfants, les jeunes adultes et les personnes bénéficiant de l’intervention majorée.
Parallèlement à ces actions de sensibilisation, Solidaris propose d’autres mesures pour améliorer l’accès aux soins dentaires telles que :
• renforcer la publicité sur le statut des dentistes conventionnés pour permettre aux patients de s’orienter aisément vers les dentistes qui appliquent les honoraires fixés dans la nomenclature
• imposer un devis obligatoire pour les traitements dentaires au-delà d’un certain niveau de prix afin que le patient soit informé préalablement des coûts à sa charge.
• sensibiliser les dentistes à l’éducation de leur patient, par exemple en intégrant une section « Health Literacy » dans l’accréditation des dentistes, et faire reconnaître la fonction d’hygiéniste dentaire, dont les tâches seraient notamment d’informer et d’accompagner les patients pour encourager les comportements dentaires préventifs.
Renseignements : www.solidaris.be

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