« Regard’Ailleurs », aux « Bateliers » à Namur, jusqu’au 28 Mai



En Turquie (c) Baudoin Lotin

Jusqu’à ce dimanche 28 mai, à l’occasion de sa première grande exposition, à Namur, l’asbl namuroise « La Maison de l’Image », dont la mission est de promouvoir la création artistique tout en favorisant les échanges et le partage des savoirs, nous propose de découvrir, au « Pôle muséal des Bateliers » (qui ne sera ouvert officiellement que durant l’été 2018), « Regard’Ailleurs », avec, en invité, Baudoin Lotin,(www.baudoinlotin.be/ portfolios), dont nous découvrons les reportages photographiques dès notre entrée dans de ce qui fut la « chapelle des Bateliers », aujourd’hui déssacralisée.

En Inde (c) Baudoin Lotin

Dipômé de l’ « Ecole Supérieure Artistique Le 75 », prestant comme photographe indépendant depuis 1974, il a déjà exposé au Canada, en Espagne, en France, au Mexique, ainsi qu’au sein d’une expo collective de la « Jeune Photographie en Wallonie et à Bruxelles », en Colombie britanique, en Italie, en Grèce et au Maroc. Ici, il nous offre, sous le titre « Le Vent se lève », deux séries de photographies en noir et blanc, réalisées dans le Kurdistan turc, en 1999, et au Rajasthan indien, en 2016.

« Ses portraits relèvent de la prise de vue instantanée, de l’instant fugace, plutôt que de pause statufiante. Ils témoignent plutôt d’une expérience partagée. En se rapprochant autant que faire se peut des femmes en train de plaisanter, des hommes au travail ou des enfants à leurs jeux. En sollicitant, parfois, leur regard, il s’est engagé, de facto, dans une relation avec eux, nous offrant l’image d’un alter ego, plutôt que celle d’un ‘étranger’. Baudoin Lotin nous propose ainsi une géographie humaine, une géographie à hauteur d’homme, une topographie de la rencontre humaine » (extrait d’un texte fourni par la « Maison de l’Image »).

En Inde (c) Pierre Ameye

Dans la seconde salle, nouvellement édifiée, nous poursuivons cette magie de la rencontre, avec douze photographes et deux collectifs, ceux-ci ayant répondu positivement à un « appel à l’image » de la Ville de Namur, ayant pour thème des reportages documentaires réalisés partout dans le monde.

Après l’Inde de Bauduin Lotin, nous restons au sein de cette « Asie sacrée », avec Pierre Ameye (3 photos exposées), qui, ayant beaucoup voyagé, de par ses fonctions au profit d’un voyagiste, remporta, dans un genre fort différent, le « Prix Play Boy Pays-Bas de Photos artistiques », en 2013.

Au Cambodge (c) Cédric Delannoy

De l’Inde, nous nous envolons au Cambodge, où travaille Cédric Delannoy, bio-ingénieur belge, ayant presté dix ans au profit de la coopération internationale, lauréat, en 2015, du « Prix Photomarathon Canon » qui nous propose, ici, 3 superbes images de là-bas, dont une montrant l’intérieur, excessivement simple, d’une des habitations de l’une de la dizaine de peuples indigènes, devant faire face à la déforestation, qui vivent au nord-est de Pnom Phen, dans la province de Ratanaki, un nom qui est celui donné à la série de photographies, dont celles présentées par « Regard’ailleurs », ce résultat, dévoilant la beauté naturelle de ces autochtones, étant dû à une approche respectueuse de ces groupes ethniques fragiles, à l’occasion de plusieurs passages parmi eux, étalés sur plusieurs mois.

Au Japon (c) Cederik Leeuwe

De Tokyo, au Japon, cette fois, Cederik Leeuwe nous offre – avec un sentiment de familiarité, vu sa proximité avec les femmes et les hommes du groupe folklorique « Eiwachkai » – 4 photographies réalisées de 2010 à 2013, à la fin de l’été, lors du « Shibuya Matsuri » (« Festival de la Récolte ancestrale »).

Autre fête, religieuse, celle-ci, à Coimbra, au Portugal, avec Pascal Moreaux, qui, à l’occasion de du 500ème anniversaire de la béatification de la Reine Sainte, nous rapporte 5 photos d’une procession de 4 km de long, lui qui étudia la photographie à l’ « Institut Félicien Rops », dans les années ’80, avant de devenir étudiant en philosophie orientale, ne revenant à la photographie, approchant ses sujets sans la moindre timidité, qu’en 2011.

Au Mexique (c) Claire Deprez

En rédigeant son mémoire, en 1987,  pour la section graphisme de l’ « Institut Don Bosco », à Liège, Claire Deprez découvre la photographie. Aussi, dans cette même ville, elle s’inscrit à « St.-Luc ». Avant même d’y terminer sa dernière année, elle entame sa collaboration avec l’agence de presse « Reporters ». Employée par l’ONG « Miel Maya », cette photographe nous emmène au Mexique, avec 3 clichés réalisés sur les traces des paysans producteurs de miel de l’Usumacinta, ayant pris le temps de vivre leur quotidien, en respectant leur rythme de vie.

Plus près de chez nous, Olivier Calicis (°1964) – ancien élève, à l’atelier photos du « Centre culturel de Namur« , de Baudoin Lotin, évoqué plus haut –  nous emmène, avec 4 portraits en couleurs, dont l’un pris dans un miroir, en Transylvanie roumaine, au sein d’un village, enclavé par des montagnes,  du Judet de Maramures, où il séjourna une dizaine de jours, y bénéficiant d’un accueil chaleureux.

Dans le Delta du Danube (c) Gilles Mercier

Avec Gilles Mercier, autodidacte, collaborant avec l’agence « Explorer », nous rencontrons, en 2015, Imma, Grisha, Pacha, …, comptant parmi les 14 résidents (qui, en 1999, étaient encore 40) de la « Zona de Albe » (« Zone blanche ») d’un village sis dans le Delta du Danube, où ils bénéficient d’une vie sociale et affective en quasi autarcie matérielle, chacun y disposant, en respect de son intimité, d’un habitat de seulement … 10m2, une sensation d’intemporalité se dégageant de ses 6 photos exposées. A noter, le parcours particulier de ce photographe, qui, licensié en droit, suite à divers contacts pris lors des expositions de ses reportages, prit goût à s’investir dans le champs de l’action sociale, devenant directeur d’une résidence sociale.

Autres exposantsGil Barez – Sarah Joveneau – Pascal Moreaux -Jean-Philippe Pickar – Jean-Baptiste Pons et Pierre Rahier, ainsi que deux collectifsBonisun et ISO 1.4.

Ouverture: de 11h à 18h, le dimanche de 12h à 18h. Entrée gratuite.

Et si vous venez à Namur, ce week-end des 27 et 28 mai, n’oubliez pas la joyeuse effervescence de « Namur en Mai » (www.namurenmai.org), dont l’accueil se situe à 200m des « Bateliers », sur la Place St.-Aubain.

Yves Calbert.

 

 

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