Palmarès du “Festival Millenium” et Projection des Films primés, ce 2 Avril

Ce samedi 1er avril, les prix on été remis, au “Cinéma Galeries”, aux lauréats  du 9ème “Festival international du Film documentaire Millenium”, l’ “Objectif d’Or”, Grand-Prix du Festival, étant remis au réalisateur bulgare Tonislav Hristovpour son film “The Good Postman” (“Le bon Facteur”/Bul.-Fin./2016/82′), qui pose un regard réconfortant, pertinent et étonnamment universel sur la crise des réfugiés, le jury international déclarant: “Ce documentaire donne un visage humain et complexe au dilemme entre acceptation de l’autre, diversité et solidarité“.

Ivan Fransunov, “The good Postman”
Synopsis: “Golyam Dervent est un petit village bulgare, situé à la frontière turque. Sur les 38 âmes qui y vivent, beaucoup sont vieillissantes. Aucun jeune ne semble vouloir y rester, alors beaucoup de maisons tombent en décrépitude créant un village à demi-fantôme. Dans ces ruines, les seules traces de passage sont celles que des réfugiés laissent en y passant la nuit, essayant de se cacher de la police des frontières. Après avoir traversé la Turquie, des familles syriennes passent régulièrement par le petit village pour remonter vers l’Europe, fuyant la guerre…”

Assurément d’actualité, – tourné dans ce village bulgare, autrefois partagé entre deux pays, le cimetière se trouvant alors de l’autre côté de la frontière – ce film, nous présente Ivan Fransunov, le facteur, candidat aux futures élections municipales, qui appelle la police frontalière, lorsqu’il voit arriver des réfugiés

Ivan Fransunov, en tournée, à la frontière bulgaro-turque

“En faisant de sa caméra un observateur silencieux placé dans une posture objective, le réalisateur dévoile des moments précieux de communication entre les gens et de bonne volonté, mais aussi le contraste entre l’hospitalité en théorie et sa réalité concrète, et surtout celui qui oppose les enjeux nationaux et les aspects personnels de la crise des migrants… Aussi, ce film nous offre une double réflexion sur le destin d’une communauté en voie d’extinction et la fragilité du vieil âge, jouant avec les perspectives régionales, locales et personnelles pour créer un portrait formidable et complexe de la vie, de la politique et de la communauté”, pouvait-on lire, le 24 janvier dernier, dans “Cineuropa”.

Pour voir ou revoir cet “Objectif d’Or” de “Millenium” 2017, rendez-vous en “Salle 2” du “Cinéma Galeries”, à 20h, ce 02 avril. Dans cette même salle, voici la programmation de ce dimanche:

  • 14h: “Don Juan”(Jerzy Sladkowski/Suè.-Fin./2015/92′), Prix du Public.
  • 16h: “Forever Pure” (Maya Zinshtein/Israël/2016/87′), Objectif de Bronze, meilleur Film pour les Droits de l’Homme
  • 18h: “Plastic China”, (Jiu-Liang Wang/Chine/2016/81′), Objectif d’Argent, meilleur Film sur le développement durable

En “Salle 3”:

  • 16h: “Congo Paradiso” (Benjamin Géminel & Tristan Thil/Fra./2016/52′), Prix Vision Jeune.
  • 18h: “Demain l’Usine” (Clara Teper/Fra./2016/50′), Prix Travailleurs du Monde.
  • 20h: “Rien n’est pardonné” (Vincent Coen & Guillaume Vandenberghe/Bel./2017/60′), Prix Cinéma Belge.
Zineb El Rhazoui

A voir ou à revoir, assurément ce dernier film belge, “Rien n’est pardonné”, réalisé par deux Gantois, vivant à Bruxelles, nous dresse le portrait intime d’une personne qui a dû payer le prix fort pour s’être battue pour ses idéaux, celui de la journaliste franco-marocaine Zineb El Rhazoui (°Casablanca, 1982), militante des droits de l’homme, membre de la rédaction de Charlie Hebdo, à l’époque du monstrueux attentat. Etant une musulmane émancipée, ce film nous la montre dans toute sa féminité, aimant se brosser les cheveux, se maquiller, devenant maman, alors qu’elle est devenue la femme la plus protégée de France, … sans doute à vie.

Justifiant son choix, le Jury belge déclara: “En se tenant à bonne distance de leur protagoniste, les réalisateurs nous livrent ainsi le portrait et le cheminement d’une femme pleine de dignité qui, riche de la connaissance et armée du pouvoir des mots, ose l’exercice de la pensée et défie la réflexion en lui donnant une résonance universelle” .

F. Lecomte au travail (c) B. Géminel
Quant à “Congo Paradisio”, cet émouvant document nous révèle comment une metteuse en scène bruxelloise,  Frédérique Lecomte, permet à ces garçons, ayant abandonnés leurs armes, mais aussi à ces trop nombreuses  filles victimes de viols, d’être ramenés à une vie normale, en République démocratique du Congo et au Burundi, grâce à leur implication dans un travail théâtralen jouant et en chantant, pas seulement entre eux, mais également en présentant, de villages en villages, le spectacle qu’ils ont réalisé ensemble, au sein de l’association « Théâtre & Réconciliation ».
"Congo Paradisio"
“Congo Paradisio”
Comme l’écrit Frédérique Lecomte, auteure, en collaboration avec l’ « ULB » de l’ouvrage « Théâtre et Réconcoliation, Pratique théâtrale dans les Zones de Conflits » (Ed. « La Lettre volée »/2016): « dans une zone de conflit, mettre  des acteurs sur scène qui sont les protagonistes du conflit rend visible immédiatement et concrètement la possibilité de faire quelque chose ensemble. Au travers de la représentation publique, il y a un changement des a priori sur l’autre. Terminer quelque chose, aller jusqu’au bout nous apprend à mettre de l’énergie dans une réalisation, jouer devant un public, c’est une façon de s’affirmer vers l’extérieur, de poser un acte ».
En jaune et noir, les deux joueurs musulmans
Quant à “Forever Pure”, il s’agit d’une attachante première oeuvre, racontant l’histoire d’une saison turbulente du club de foot de Beitar Jerusalem, qui intègre, pour la première fois, deux joueurs musulmans. S’en suit un conflit entre identité, racisme, pression de groupe et le rapport entre sport et politique. Le jury l’a décrit comme étant “un film puissant, qui défend les Droits de l’Homme, dénonce les manipulations politiques, commerciales et la xénophobie qui polluent la société aujourd’hui. Un message universel contre l’intolérance qui monte un peu partout dans le monde”.
“Plastic China”
Impossible de rester insensible à la vision de “Plastic China“, un film engagé qui dévoile, à l’époque où la Wallonie vient d’interdire la vente de sacs en plastique dans nos magasins, que les déchets plastiques du mondet, lorsqu’ils ne polluent pas les Océans, terminent leur existence en Chine… À travers les histoires de deux familles, ce document montre comment ces déchets sont recyclés à mains nues, dévoilant les dommages irréversibles encourus par ces familles, dont de forts jeunes enfants, afin de gagner durement leur vie, rêvant de jolies voitures qu’ils ne pourront s’acheter ou éprouvant même des difficultés pour pouvoir s’acheter des billets de transports publics pour se rendre à Pékin.
“Inside the Labyrinth”
A noter encore, pour clôturer la Palmarès, l’attribution du Prix de la RTBF/La Trois, à Presenting Princess Shaw(Ido Haar/Israël/ 2015/80′), ainsi que d’une Mention spéciale du Jury Cinéma Belge, à “Inside the Labyrinth” (Caroline d’Hondt/Bel./2016/75’/un portrait du peuple Tohono O’odhams, à la frontière américano-mexicaine, dans une zone du désert de Sonora, que les migrants mexicains surnomment couloir de la mort, avec des indiens Tohono O’odhams luttant pour leur identité, qui tentent, comme ils peuvent, de prendre soin des migrants de passage, Mike, l’un des leurs, plaçant des bidons d’eau dans ce désert, afin d’éviter que des hommes, des femmes et des enfants n’y meurent de soif, lors de leur traversée/avec de superbes images, un message important à une époque ou un certain Donald Trump veut construire des murs de la honte et du repli sur soi, le jury ayant été touché par “le rapport intime entretenu avec la nature et l’aide apportée aux réfugiés économiques qui franchissent la frontière”).
Notons le succès croissant de ce “Festival Millenium”, qui, à chaque édition, révèle le meilleur du cinéma documentaire, cette année, à travers plus de 70 films issus de 31 pays du monde entier, plusieurs séances ayant été déclarées “sold out”.  
Zlatina Rousseva
Lisons ce qu’en dit Zlatina Rousseva, la Directrice artistique“Le public a soif de ce nous proposons: la  rencontre, le partage d’émotions, la découverte de l’humain. Le festival défend la beauté de la diversité culturelle, des valeurs humaines profondes, essentielles et universelles. Aujourd’hui les citoyens se posent beaucoup de questions dans un monde en pleine mutation. Ils se sentent déboussolés: les rapports de force, l’influence du web, les problèmes liés à l’environnement, … Ce qu’ils viennent chercher au festival, ce sont des clefs pour répondre à leurs questions. Tourner un documentaire peut prendre deux, cinq ou même dix ans. En ressort de l’information durable, une information qui reste, et c’est quelque chose d’essentiel“.
Alors, sans réserves, prenons rendez-vous avec l’édition du 10ème anniversaire, en mars 2018!
Yves Calbert.

 

 

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