Nouvelles propositions indécentes de la RMB

5. Nouvelles propositions indécentes de la RMB
Deux nouvelles propositions pour faire évoluer la publicité à la RTBF au cours des cinq prochaines années ont été suggérées par Yves Gérard, le patron de la RMB (la régie publicitaire de la RTBF), au cours de son audition au Parlement, le 10 mai 2017:
• utiliser de nouveaux formats publicitaires prisés par les annonceurs tels que le «native adversiting» (des contenus qui ressemblent à du rédactionnel mais qui mettent en valeur une marque contre financement),
• recevoir l’accord de pouvoir exploiter les données personnelles à des fin de ciblage publicitaire sur internet.
Je pense utile de vous proposer ici un rappel historique pour mieux concrétiser l’idéologie que véhicule la direction de la RMB. Dans Le Soir du 4 juin 2005, le même Yves Gérard, déjà administrateur délégué de la RMB, expliquait:
«(…) Il y a dans le monde politique et bien pensant des personnes qui ont une idée très claire de ce que doit être la télévision pour le téléspectateur. Or, les chiffres leur donnent tort à tous les coups. Je ne comprends pas très bien pourquoi ces gens veulent absolument faire des émissions pour des minorités. Ils proposent des choses non représentatives de la population sous le prétexte de vouloir éduquer les gens. Cette façon de voir frise l’extrémisme dans certains cas. Ces donneurs de leçons ne perçoivent pas la réalité du média télévisé aujourd’hui qui est d’abord un instrument de loisir. Il n’y a pas de honte à faire du populaire et du divertissement (…)».
Ma réaction (publiée à l’époque):
«(…) L’argumentation d’Yves Gérard ne tient pas la route car elle est truffée d’inexactitudes.
Le défenseur publicitaire n’est pas seul à soutenir le divertissement populaire qui ne fait nullement «honte» à nombre de «donneurs de leçons» représentants de «monde politique et bien pensant» lorsqu’il s’appelle Forts en Tête ou Génies en Herbe!
Les chiffres sont multiples et Mr Gérard en oublie certains: en Communauté française, ce sont depuis de nombreuses années les programmes d’information (au sens large: actualité, droits des consommateurs,…) qui rallient les suffrages des téléspectateurs (c’est une différence avec la France où le public privilégie la fiction): les journaux télévisés, L’Hebdo, Cartes sur table, Au nom de la loi, Autant savoir, etc.
C’est à croire que notre interlocuteur chercherait à orienter les choix du téléspectateur pour imposer un type de programmation cher à ses annonceurs! (…)».
Bernard Hennebert

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