Mettre fin à la comparaison névrotique des audiences

7. Mettre fin à la comparaison névrotique des audiences
La publication de ce dossier «Une RTBF sans publicité ni sponsoring» (voir point 6) a donné envie à la rédaction de La Libre de consacrer deux pleines pages (sans publicité…) à un article «Oui – Non: Faut-il supprimer la pub et le sponsoring à la RTBF?» paru le 24/05/2017, avec deux entretiens menés par Baptiste Erpicum ou Thierry Boutte.
C’est Mathieu Richard qui a été interrogé pour «La RTBF nous appartient».
Je me permets de vous proposer ici comment le journaliste a synthétisé sa réponse à une de ses questions, celle qui concerne les façons alternatives de compléter le financement de la RTBF, si la suppression de la publicité et du sponsoring était décidée:
«(…) Nous proposons un plan d’action sur plusieurs points. Un: la pub a aussi un coût. Selon M. Philippot, la pub rapporte 25 % de ses revenus. Mais nous ne connaissons pas son coût (en personnel, moyens techniques, locaux, etc.). Bien que financée par les contribuables, la RTBF entretient une grande opacité sur ses budgets et sa gestion, dont la balance revenus/dépenses de la pub. Deux: les hauts salaires n’ont plus leur place dans un service public. Les trois patrons touchent chacun plus de 300 000 euros bruts/an – près de 400 000 pour Francis Goffin. Une direction pléthorique a été installée par la logique managériale de MM. Stalport puis Philippot, convaincus que la professionnalisation de la RTBF passait par l’intégration de la publicité.
Trois: une mesure fédérale pourrait déboucher sur le refiscalisation des investissements publicitaires. Selon la logique pollueur-payeur, les publicitaires seraient ainsi taxés par rapport aux dommages sociétaux que suscite leur activité: obésité, violence, création de faux besoins, etc. Une partie de ces taxes serait versée à la dotation de la RTBF. Quatre: désinvestir dans le Centre d’information des médias (CIM) et la Régie média belge (RMB). La RMB commercialise l’espace publicitaire pour la RTBF mais aussi pour d’autres médias (AB3). Rien n’empêche qu’elle continue ses activités hors RTBF, elle aurait d’ailleurs pu devenir la régie de TF1 sans l’opposition du conseil d’administration de la RTBF.
Exit aussi la participation au CIM, cet outil qui calcule l’audimat, fixateur de la tarification publicitaire. Cette sortie mettra fin à la comparaison névrotique des audiences et des parts de marché entre la RTBF et les autres, et permettra une vraie prise en compte de l’avis des auditeurs-téléspectateurs dans l’évaluation des programmes via un « qualimat ». Cette évolution permettra à la RTBF de mieux redéfinir ses missions, ses programmes et ses publics prioritaires (…)».
Bernard Hennebert

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