LMS Gallery présente Joanie Lemercier – Lightscapes

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Réalité, perception, constructions, fictions

Joanie Lemercier est un artiste de la profondeur. Il est l’œil qui dépasse la surface, creuse et interroge le mystère derrière le réel. Mystère qu’il révèle, à sa manière, au public. Actif depuis le milieu des années 2000, ce co-fondateur du label visuel AntiVJ, artiste de l’espace et de la lumière, travaille sur notre perception de la réalité et sa compréhension en proposant des œuvres immersives qui interrogent l’intime et la transcendance. Depuis quatre ans, il s’expose aussi bien dans les festivals d’arts numériques que dans les galeries d’art contemporain.

Qu’est-ce que le réel ? Une question intemporelle qui anime – et anima – les réflexions de personnalités aussi diverses que le billionnaire Elon Musk, Platon, Stephen Hawking, l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick, ou les Wachowski frère et sœur à l’origine de la trilogie Matrix. Il n’existe pas une réalité, mais autant de réalités que le monde compte d’individus. Et quel individu est mieux placé pour proposer une vision singulière et sujette à l’interprétation que l’artiste ?

À la croisée des préoccupations philosophiques, mais également de celles, esthétiques et théoriques, de l’art contemporain, Joanie Lemercier offre avec Lightscapes, un panorama de réalités simulées et de paysages artificiels troublants. De pièce en pièce, nous découvrons les déclinaisons d’un même imaginaire, d’une même obsession, celle de la modélisation mathématique et abstraite du monde, chère à Escher ou Vasarely.

Répétitions, variations, motifs, sont ici les supports de création d’œuvres génératives derrière lesquelles on ne peut nier l’importance du code et de la programmation. Pourtant, Lightscapes s’envisage bel et bien comme une tentative de l’artiste, de se rapprocher du réel, d’entrer dans la sphère de l’intime. De l’échelle macroscopique à l’échelle microscopique, les motifs qui animent les différentes œuvres proposées ici sont prétextes à se questionner sur la validité de notre perception. Ces paysages algorithmiques usent du volume et de l’échelle comme du terrain de jeu de la perception : ce que l’on voit de loin, est-il la même chose que ce que l’on voit de près ?

Dans ces questions sur l’omniprésence de la géométrie dans la nature (de la structure de l’atome aux fractales produites par le végétal, comme le minéral) l’artiste entame un dialogue avec la nature mathématique du réel : organique, géologique, algorithmique. La boucle est bouclée.

Des préoccupations évidentes, pour un artiste qui s’intéresse à la dimension physique de la lumière (altération, dégradation, réfection) ainsi qu’à son aspect physiologique (ergonomie visuelle, trompe l’œil, mise en abîme) depuis le début de sa carrière.

Joanie Lemercier rend visible l’invisible structure du monde dans des œuvres parfois extrêmement réalistes, insistant sur le paradoxe qui fait cohabiter une esthétique que l’on croirait produite par une intelligence artificielle et le rapport à l’intime, à la mémoire physique. Une œuvre sensible, qui résonne en nous et que nous nous approprions par delà ces questions.

Maxence Grugier

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