L’introduction de la semaine de 30 heures chez ING pourrait sauver au moins 1 000 emplois



L’introduction de la semaine de 30 heures chez ING pourrait sauver au moins 1 000 emplois
Pour répondre à la digitalisation, le PTB estime que le débat sur le partage du travail doit être lancé au plus vite. « L’introduction d’une semaine de 30 heures pourrait déjà immédiatement sauver 1 000 emplois chez ING », explique le président du PTB, Peter Mertens, qui est en train de rédiger un nouvel ouvrage dans lequel il sera question de la digitalisation de l’économie et de la redistribution du travail.
« Nous n’en sommes encore qu’au début de la digitalisation. Ce qui se passe aujourd’hui chez ING servira sans doute d’exemple à tout le secteur bancaire, observe Peter Mertens. Soit nous permettons que les bénéfices des gains de productivité dus à l’automatisation aillent tout simplement aux actionnaires dans le cadre d’une politique des dividendes sans limites démesurés – c’est ce qui se passe actuellement : l’an dernier, la banque a versé un milliard d’euros en dividendes. Soit nous utilisons les gains de productivité pour investir dans le partage du travail. Nous nous trouvons aujourd’hui à la croisée des chemins. ING pourrait donner un exemple positif et opter pour une redistribution du travail. »
La digitalisation : au service de l’homme ou contre l’homme ?
Le choix qui se présente à ING est un choix pour l’avenir. C’est aussi le cas en ce qui concerne le rôle de l’État. « En dix ans, ING a reçu un réduction d’impôts de 2,3 milliards d’euros. Ce cadeau faramineux n’a pourtant pas sauvé un seul emploi à ING, constate Peter Mertens. Il est donc grand temps de changer de recette. De tels cadeaux fiscaux ne doivent pas servir à partir en dividendes. Ils doivent vraiment servir à encourager l’emploi. »
Avec la digitalisation de l’économie, on peut aller dans deux directions. « Soit nous utilisons la technologie pour alléger le travail, pour libérer plus de temps et pour améliorer les services, poursuit Peter Mertens. Dans ce cas, la digitalisation est au service de l’homme et de la société. Et les services n’en souffrent pas. C’est le choix que nous voulons faire. Soit la digitalisation sera utilisée pour jeter plus de gens à la rue, pour encore accroître le stress, pour fermer massivement de nombreux bureaux et continuer à démanteler les services publics. Dans ce cas, la technologie est utilisée contre l’homme et contre la société. Faire ce choix, c’est foncer en ligne droite vers de grandes inégalités sociales. »
Le secteur bancaire, excellent candidat pour être un pionnier de la semaine de 30 heures
C’est pourquoi, pour répondre à la vague de digitalisation, le PTB est partisan d’une réponse d’avenir dans le secteur des banques et des assurances. Un partage du temps de travail peut non seulement sauver des emplois, mais propose également une solution aux défis du 21e siècle. Peter Mertens : « Rien qu’à ING, un passage de la semaine de 35 heures à une semaine de 30 heures avec maintien du salaire pourrait immédiatement sauver 1000 emplois. En outre, cela favorise un meilleur équilibre entre travail et vie privée. Des études ont prouvé que les risques de stress et de burn-out sont très élevés dans le secteur bancaire. La redistribution du travail permet de libérer plus de temps pour la famille et la vie sociale, au lieu de ramener davantage de stress à la maison avec toujours plus de flexibilité et d’heures supplémentaires irrécupérables. Et, avec des travailleurs satisfaits, une entreprise ne peut être que gagnante. C’est donc une opération où tout le monde est gagnant. »
Pour le parti de gauche, le secteur bancaire est un excellent candidat pour être un pionnier de la semaine de 30 heures. Peter Mertens : « Avec plus d’un milliard d’euros de dividendes versés en 2015, ING peut aussi se le permettre. Le bénéfice par membre du personnel s’élève en moyenne à 105 000 euros par an. Tous ces membres du personnel méritent donc bien que la hausse de la productivité liée à la digitalisation leur profite aussi, et pas seulement aux actionnaires. Le but ne peut quand même pas être de verser un demi-milliard de dividendes en plus l’an prochain, mais que 3500 personnes se retrouvent sans travail ? »

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