L’immunothérapie remboursée pour la première fois

L’immunothérapie remboursée pour la première fois
pour le traitement de première ligne du cancer du poumon

BRUXELLES, 22/04/2017.- L’immunothérapie sera pour la première fois en Belgique remboursée aux patients suivant un traitement de première ligne d’un cancer du poumon. Maggie De Block, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique : « Cela veut dire que ces patients auront accès à une thérapie qui permet d’augmenter leurs chances de survie et d’améliorer nettement leur qualité de vie tout au long du traitement. Le traitement sera déjà remboursé à partir du 1er mai, soit un an plus tôt que d’habitude. C’est important, car il s’agit de personnes gravement malades, souvent en phase terminale. »

Bien que ce traitement présente également des effets secondaires, ils sont nettement moins sévères que les effets secondaires de la chimiothérapie. Les patients en cours d’immunothérapie ne perdent pas leurs cheveux, n’ont pas de nausées, ou nettement moins, et sont beaucoup moins fatigués. L’immunothérapie empêche la croissance tumorale pour une plus longue période. 45 % des patients concernés répondent à l’immunothérapie, contre 28 % en cas de chimiothérapie.

Cette nouvelle mesure fait de la Belgique l’un des premiers pays européens à rembourser l’immunothérapie pour le traitement de première ligne d’un cancer du poumon, après l’Autriche, le Luxembourg, le Danemark, la Finlande, la Suède et l’Allemagne.

Une évolution ultrarapide
Jusqu’au début de cette année, l’immunothérapie concernait près de cinq cents patients atteints d’un mélanome ou d’un cancer de la peau.
La ministre De Block a décidé qu’à partir du 1er janvier 2017, l’immunothérapie en cas de cancer serait remboursée un an plus tôt que d’habitude. Cette décision a permis non seulement aux patients atteints d’un cancer de la peau, mais aussi à ceux souffrant d’un lymphome hodgkinien, d’un cancer rénal ou d’un cancer du poumon de deuxième ligne d’être traités par immunothérapie (le traitement par anticorps monoclonaux humains, nivolumab), et ce, dès le 1er janvier 2017. Un traitement de deuxième ligne implique que le patient a d’abord reçu de la chimiothérapie ou une autre thérapie.

À partir du 1er mai, un deuxième type d’immunothérapie fera l’objet d’un remboursement accéléré. Il s’agit notamment de l’immunothérapie pembrolizumab à laquelle il peut être recourue pour les patients suivant un traitement de première ligne pour un cancer du poumon et qui ont plus de 50 % de récepteurs PD1 sur leurs cellules tumorales (*voir ci-dessous). C’est la première fois que l’immunothérapie pour le traitement de première ligne d’un cancer du poumon est rendue accessible. Le pembrolizumab est administré toutes les trois semaines par perfusion.
Maggie De Block : « L’immunothérapie évolue avec une rapidité fulgurante. Ces prochains mois, je m’attends à ce que davantage de traitements similaires soient remboursés plus rapidement et qu’on puisse aussi traiter, par exemple, les cancers de la vessie et du cou. »
Dans le courant de 2017, 5.000 patients pourraient avoir accès à l’immunothérapie, dont le plus grand groupe est celui des 2.000 patients en traitement de première et deuxième lignes à la suite d’un cancer du poumon.
En 2018, le nombre de patients traités par immunothérapie augmentera à 9.000. Ce nombre s’élèvera entre 10 à 11.000 patients en 2019.

Meilleure qualité de vie
L’immunothérapie consiste dans un premier temps à produire des cellules en laboratoire, appelées des « anticorps monoclonaux humains ». Ces anticorps se lient aux cellules cancéreuses à l’aide de *récepteurs PD1 dans le corps du patient et permettent ainsi au système immunitaire de détecter ces cellules cancéreuses qui initialement étaient invisibles. Ensuite, le système immunitaire se met en route et attaque les anticorps et, par conséquent, aussi les cellules cancéreuses.
L’immunothérapie est administrée par perfusion.

Le financement de ce remboursement accéléré (125 millions d’euros par an) est réalisable grâce aux mesures prises dans le cadre du Pacte d’avenir ainsi qu’aux accords relatifs aux prix conclus avec les entreprises concernées.

Trajet accéléré
Depuis le 1er janvier 2017, le remboursement de l’immunothérapie suit un autre trajet que celui du trajet de remboursement classique.
Un médicament doit parcourir plusieurs procédures avant d’être mis à la disposition du patient. Après que l’entreprise a effectué elle-même les tests nécessaires, elle introduit une demande d’enregistrement. Pour la majorité des médicaments, cette demande se fait au niveau européen. Lors de l’enregistrement, il est procédé à une analyse du produit même ainsi que des éventuels effets secondaires du médicament en question.
Si l’entreprise souhaite qu’un médicament soit remboursé pour une maladie bien précise, comme par exemple le cancer de la peau, elle doit entamer une procédure auprès de la Commission de remboursement des médicaments (CRM) qui, outre le produit (l’efficacité, etc.) observe également le coût et les différentes alternatives.
Cette procédure auprès de la CRM peut durer jusqu’à douze mois.
S’il s’avère que le médicament est également efficace contre un autre type de cancer, comme le cancer du poumon, et que l’entreprise souhaite que ce médicament soit également remboursable pour cet autre type de cancer, elle doit à nouveau lancer une procédure à la CRM.
Dans le cas des immunothérapies, un autre trajet sera suivi, faisant que le remboursement se fera immédiatement après l’enregistrement auprès de l’Agence européenne des médicaments

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