L’EXPOSITION DES CITOYENS

UNE ÉTUDE SUR L’EXPOSITION DES CITOYENS AUX PESTICIDES SERA LANCÉE AU PRINTEMPS 2018 SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE WALLON


Sur proposition du Ministre wallon de l’Environnement Carlo DI ANTONIO, une étude va être lancée à l’échelle régionale afin de mesurer l’exposition des citoyens wallons aux pulvérisations de produits phytopharmaceutiques.

« Aujourd’hui, il apparaît que l’exposition aux pesticides pourrait être plus conséquente et généralisée que suspecté. Certaines questions restent en suspens et méritent d’obtenir au plus vite des réponses validées scientifiquement pour valider les mesures de protection du public contre cette exposition. J’ai donc pris la décision de confier à l’ISSeP, en collaboration avec le CRA-W et Gembloux AgroBioTech, une étude à l’échelle de la Wallonie » explique le Ministre DI ANTONIO.

Cette étude sera menée à partir du printemps 2018. Des capteurs d’air et de projection seront installés en bordure de champs, dans des cours d’écoles ou autres sites publics à proximité de champs. Les capteurs seront placés à différentes distances, derrière des barrières physiques, lors de différentes conditions climatiques, … afin de tenir compte du maximum de cas de figure.


Les principaux objectifs poursuivis par cette opération de mesure sont :

 d’évaluer l’exposition aux pesticides des populations riveraines de champs cultivés à court terme (dans les 24h qui suivent le début de l’épandage) et à plus long terme (les jours qui suivent l’épandage) ;
 d’évaluer la manière dont l’exposition varie en fonction de l’éloignement par rapport à la source ;
 d’évaluer l’influence réelle de paramètres agronomiques et de la présence d’une barrière physique sur la contamination des zones en bordure de champs ;
 de vérifier si le modèle prédictif de l’exposition des « résidents », employé lors de l’agrément des substances, permet de couvrir raisonnablement le risque « riverains » et si ce modèle convient pour estimer certains paramètres de protection des riverains contre les dérives de pulvérisation.

Malgré les mesures mises en place pour réduire leur utilisation, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques reste une réalité dans nos campagnes. Impactant négativement notre santé et notre environnement, ces produits sont au centre des préoccupations des citoyens.

Les phénomènes de dérive durant la pulvérisation ou les phénomènes de volatilisation à partir du sol ou de la végétation peuvent être une source d’exposition aux pesticides non négligeable pour les personnes résidant dans le voisinage des cultures traitées.

Selon les conditions d’application et la météo, de 25 à 75% des pesticides appliqués se retrouveraient dans l’air. Une fois dans l’air, les pesticides gazeux peuvent être transportés à plus ou moins longue distance. Les aérosols et les pesticides associés aux particules peuvent se déposer dans un voisinage plus proche, à la surface du sol ou des objets.

Dans le contexte de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, les effets négatifs sur l’environnement et la santé humaine sont pris en compte lors de l’agrément des produits en fonction de l’exposition. Or, un nombre croissant d’accidents et d’études semblent indiquer que l’exposition des populations riveraines de parcelles agricoles est sous-estimée.

« Il est donc indispensable d’agir pour déterminer l’exposition réelle et pour protéger les populations qui vivent ou travaillent en bordure de parcelles agricoles » conclut le Ministre DI ANTONIO.

Un montant de 805.000 EUR sera consacré à cette étude décidée ce jeudi 14 décembre par le Gouvernement wallon.

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