Les maisons médicales à la loupe



Etude SOLIDARIS :
Les maisons médicales à la loupe

Solidaris s’est penché sur le secteur des maisons médicales afin de dresser un état des lieux de la question en Belgique, faire connaître ce mode de prise en charge mais aussi quantifier plus précisément son impact sur l’accessibilité aux soins de première ligne.

L’analyse s’appuie sur les données de l’INAMI ainsi que les données des 174.055 affiliés de Solidaris inscrits en maison médicale en 2016. Dans cette étude, on entend par « maison médicale » toute maison médicale travaillant au forfait.
Les résultats montrent que les maisons médicales constituent aujourd’hui un maillon essentiel de prise en charge en première ligne ; en particulier pour une population plus jeune, plus fragile sur le plan socio-économique et, dès lors, davantage exposée aux risques de pauvreté et de report de soins.

Les maisons médicales soignent ainsi deux fois plus de bénéficiaires de l’intervention majorée que les pratiques de médecine à l’acte : 52% des abonnés en maison médicale sont BIM (Bénéficiaire d’intervention majorée) contre 25% des patients soignés dans les pratiques à l’acte. On y retrouve également deux fois plus de familles monoparentales, trois fois plus de bénéficiaires de la garantie de revenus pour personnes âgées (GRAPA) et trois fois plus de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale.

Surtout implantées dans les quartiers populaires des grandes villes, les maisons médicales ont un impact positif sur l’accessibilité aux soins, comme le confirme l’analyse de Solidaris menée par quartier à Bruxelles, Liège et Gand. En Notre analyse montre effectivement que l’accessibilité des maisons médicales est significativement plus grande que la moyenne dans huit quartiers sur dix à Bruxelles et à Liège et dans neuf quartiers sur dix à Gand.

De plus en plus de patients décident de s’inscrire en maison médicale, ce qui se répercute naturellement sur la croissance des dépenses.
Pourtant, depuis octobre 2016, le Gouvernement fédéral a imposé un moratoire sur la reconnaissance de nouvelles pratiques forfaitaires. Au 1er semestre 2017, on dénombrait une vingtaine de maisons médicales dont l’ouverture était bloquée, empêchant ainsi l’accès aux soins de santé à potentiellement 20.000 patients. De plus, le moratoire constitue une mesure inefficiente car il va automatiquement induire une hausse des coûts des soins à l’acte au niveau de la première ligne mais aussi en deuxième ligne.

Solidaris plaide donc pour une politique visant à promouvoir l’accès aux soins de santé dans les maisons médicales, parallèlement à la médecine à l’acte, et pour la reconnaissance du secteur comme un acteur incontournable dans le paysage des soins de santé belge, ce qui suppose :
1. La suppression immédiate du moratoire imposé au secteur qui bloque l’ouverture de nouvelles maisons médicales depuis fin 2016 et qui empêche l’accès aux soins gratuits à potentiellement 20.000 patients.
2. Travailler, de manière concertée et constructive avec les acteurs du secteur, à améliorer le fonctionnement des pratiques forfaitaires.

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