« Les Grignoux »: Rencontres citoyennes à Namur et à Liège, ces 28 et 29 Juin



Muriel d’Ailleurs (c) « Paysans-Artisans »
Participant  à « Namur en Mai », en programmant un concert de « Rock in the Box », le « CaféO/Caméo » ouvrait ce vendredi 23 juin la dixième édition de la 10ème « Fête de la Musique », avec Muriel d’Ailleurs et ses rythmes swing-folk-jazz, « Les Grignoux » n’en sont plus à une initiative près, piuisque ce lundi 26, en ce même « CaféO », annexe aux sallesde projections du « Caméo », ils organisent une rencontreavec leurs spectateurs, intitulée « L’Atelier des Spectateurs ». Sur leur site www.lecameo.be, l’équipe des « Grignoux », sous la coordination de Bérangère, écrit: « Vous êtes passionné par le cinéma et vous fréquentez habituellement nos salles ? Vous êtes intéressé par les coulisses de la programmation et l’organisation de nos soirées spéciales ? Vous souhaitez nous apporter des suggestions, des réflexions sur l’ensemble de nos propositions culturelles ? Alors, n’hésitez pas à nous aider à mettre en place un comité de spectateurs qui pourra intervenir sur les différentes facettes de notre planète cinéma. Nous vous expliquerons les grandes lignes de notre travail, de nos choix mais aussi de nos contraintes, pour ensuite favoriser, c’est l’objectif, un élan et une participation régulière de votre part. Plusieurs secteurs seront abordés : les films avec rencontres autour de sujets de société, le documentaire et le cinéma belge, les blockbusters en VO.Pour participer, inscrivez-vous via l’adresse mail suivante: berengere@grignoux.be en spécifiant quel secteur vous intéresse. Pour que cette
rencontre puisse être riche et participative, le nombre de places sera limité. »
On le voit, ici, les avis des spectateurs comptent, une programmation de qualité et l’organisation d’intéressants débats étant les seules précocupations des « Grignoux », dans le même temps où certains complexes cinématographiques assurent davantage leurs recettes par la vente de pop corns, nachos et autres, … produits prohibés à l’intérieur des différentes salles du « Caméo », où il n’est pas question de déranger ses voisins par le bruit émanant de la mastication de ces aliments ou du froissement de leurs emballages. Avec « Les Grignoux », à Namur comme à Liège, c’est le cinéma qui prime, dans l’intérêt même des spectateurs.
… Et puisque nous évoquons les débats, notons que ce mercredi 28, à 20h, le documentaire  « Quest-ce qu’on attend? » (Marie-Monique Robin/Fra./2016/119′) sera projeté au « Caméo », repris, le jeudi 29, à Liège,  au « Cinéma Sauvenière »… Et dans les deux principales  villes wallonnes, leurs Bourgmestres seront présents lors de la rencontre suivant la projection.
Ainsi au « Caméo », des groupes de citoyens interpelleront Maxime Prévot sur les thèmes de la mobilité, la finance alternative, l’alimentation, l’énergie et la démocratie participative, tandis qu’au « Cinéma Sauvenière », c’est  une interpellation citoyenne de Willy Demeyer qui sera proposée aux Liégeois.
Synopsis« Qui croirait que la championne internationale des villes en transition est une petite commune française ? C’est pourtant Rob Hopkins, fondateur du mouvement des villes en transition, qui le dit. ‘Qu’est ce qu’on attend?’ raconte comment une petite ville d’Alsace de 2.200 habitants s’est lancée dans la démarche de transition vers l’après-pétrole, en décidant de réduire son empreinte écologique. Le processus politique et la manière d’atteindre le changement de société sont au coeur du film. »
Pour « Les Grignoux », qui distribue, ici, son premier film, il s’agissait d’offrir une suite à l’expérience extraordinaire vécue avec « Demain » (Cyril Dion & Mélanie Laurent/Fra./2015/118′).
Marie-Monique Robin
(c) Solène Chrarasse
Réalisatrice du documentaire « Le monde selon Monsanto » (Fra.-All.-Canada/2008/108′),  Marie-Monique Robin s’est intéressée, dans « Qu’est-ce qu’on attend? », au village d’Ungersheim, déjà connu au-delà des frontières de l’Alsace pour son autonomie énergétique et sa démarche volontariste vers la transition.
Tourné durant les quatre saisons de 2015, année cruciale ayant vu l’aboutissement de la quasi totalité d’un programme de transition, ce film, soutenu par près de 60 partenaires en Wallonie et à Bruxelles, rend hommage à des élus locaux, habités d’une vision, qui savent mobiliser l’enthousiasme de leurs concitoyens – peut inspirer chaque territoire (communes rurales ou quartiers urbains). De la transition au quotidien, ce documentaire montre le bonheur et la fierté d’agir ensemble pour cette grande cause universelle qu’est la protection de la planète.
 Réalisatrice du documentaire « Le monde selon Monsanto » (Fra.-All.-Canada/2008/108′),  Marie-Monique Robin s’est intéressée, dans « Qu’est-ce qu’on attend? », au village d’Ungersheim, déjà connu au-delà des frontières de l’Alsace pour son autonomie énergétique et sa démarche volontariste vers la transition.
Tourné durant les quatre saisons de 2015, année cruciale ayant vu l’aboutissement de la quasi totalité d’un programme de transition, ce film – rendant hommage à des élus locaux, habités d’une vision, qui savent mobiliser l’enthousiasme de leurs concitoyens – peut inspirer chaque territoire (communes rurales ou quartiers urbains). De la transition au quotidien, ce documentaire montre le bonheur et la fierté d’agir ensemble pour cette grande cause universelle qu’est la protection de la planète.
Rob Hopkinsenseignant britannique, fondateur du mouvement des villes en transition, auteur de quatre ouvrages s’y référant, déjà présent dans « Demain », nous revient, ici, pour évoquer cette commune, à l’ « expérience unique au monde »championne des initiatives, nous racontant comment ce village d’Alsace, de 2 200 habitants, s’est lancée dans la démarche de transition vers l’après-pétrole, en décidant de réduire son empreinte écologique. À l’initiative de sa municipalité, Ungersheim a lancé en 2009 un programme de démocratie participative, baptisé «  21actions pour le 21ème siècle », englobant tous les aspects de la vie quotidienne: l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école.
Mais comment évoquer ce village, situé à 15 km de  Mulhouse, dans le sud de l’Alsace, sans commencer par décrire celui qui y porte le projet de transition, leur Maire, depuis 1989, Jean-Claude MenschFils de mineur, il a rejoint la mine à 17 ans et y a passé 35 années de sa vie professionnelle. Durant sa carrière d’ouvrier, alors militant au sein du syndicat français« CGT » (« Confédération généraledu Travail »), il s’est toujours opposé, pour le bien commun, aux grands projets inutiles envisagés dans sa  région. Ayant mené le   combat contre la centrale nucléaire de Fessenheim, il   n’est affilié, aujourd’hui, à aucun parti politique, même si l’écologie, confie-t-il, « c’est toute ma vie ». Visionnaire – aimant citer Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948): « L’exemple n’est pas le meilleurmoyen de convaincre, c’est le seul » –, il sait rassembler et motiver, étant considéré comme le «  père  » du programme de transition.
Avec l’engagement  de ses concitoyens, il a réussi à relocaliser la production alimentaire, réduisant ainsi la dépendance au pétrole, assurant la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables, créant une centaine d’emplois. Aussi, depuis 2005, la commune a économisé 120.000€, en frais de fonctionnement et réduit ses émissions directes de gaz à effet de serre de 600 tonnes par an, sans jamais eu à devoir augmenter ses impôts locaux, n l’économie locale étant soutenue par une monnaie complémentaire, créée en 2013, adossée à l’Euro, dénommée: le « radis »Son utilisation dans les commerces ou les  entreprises locales permet de stimuler l’économie de la commune, en encourageant la consommation et la production de proximité, les familles utilisant cette unité monétaire pour payer les activités en centresde loisirs ou  parascolaires  bénéficiant d’une réduction de 25% sur les prix affichés. Quant aux producteurs et  commerçants locaux, ils offrent une réduction de 10% aux habitants payant en « radis ».
Ces économies commencèrent avec « Richelieu », … un cheval, solide Hongre de Trait Comtois, rejoint, en 2015, par « Kosak », coqueluches des enfants, assurant le transport scolaire (économisant, ainsi, 4.600 kms en voiture), des travaux agricoles, l’arrosage des pelouses, la collecte des sacs et des déchets recyclables, la présence active de ces deux chevaux ayant créé deux emplois.
Devenue la plus grande centrale photovoltaïque d’Alsace, installée sur une friche industrielle de quatre hectares, avec une capacité de 5,3mégawatts, elle fournit, aujourd’hui, de l’électricité, hors chauffage, pour 10.000 habitants.
Pour arriver à de pareils résultats, dès 2009, ce village instaure la démocratie participative, pierre angulaire du programme de transition d’Ungersheim. Ainsi, quelque quatre-vingts habitants se réunissent régulièrement pour envisager ensemble le « village de demain ». On y parle de « pic pétrolier », de « dépendance énergétique », de « réchauffement climatique », d’ « emplois », et de « résilience », c’est-à-dire l’autonomie et la capacité à réagir aux crises. Pour déterminer et suivre les projets, la municipalité a créé des commissions consultatives, composées de citoyens et d’élus, qui orientent la politique de la commune. C’est ainsi que le contrat qui liait le village à la « Lyonnaise des Eaux » a été interrompu, pour créer une « Régie municipale », ce qui a entraîné une baisse de la facture de 20% pour les usagers.
Marie-Monique Robin, répondant aux questions d’un collègue des « Grignoux », confiait aux lecteurs de leur site: « J’ai réalisé, pour ‘Arte’ , ‘Sacrée Croissance’ (Fra./2013/93’/ndlr), un documentaire questionnant sur le dogme de la croissance économique illimitée, tourné dans sept pays, mais  qui n’incluait pas la France. Dès lors,  informée de l’existence de l’initiative de la municipalité d’Ungersheim, j’ai décider d’y consacrer un long-métragePar mon dernier documentaire, ‘Qu’est-ce qu’on attend?’,  j’ai envie de convier les citoyens et citoyennes à venir voir et entendre ce conte des temps modernes, qui montre que tout n’est pas perdu et qu’une autre voie est possible ici et maintenant. J’ai envie aussi de les inviter à s’enfoncer dans un fauteuil et l’obscurité pour plonger littéralement dans ce récit porté non plus par mon commentaire, mais par la voix même de ceux et celles qui écrivent ce que pourrait être le futur et que j’appelle les ‘lanceurs d’avenir’. »
A voir, assurément! Siteswww.grignoux.be/questcequonattend et www.mairie-ungersheim.fr/villageen-transition/les-21-actions … Et pour poursuivre notre réflexion, signalons la publication d’un livre éponyme, édité par « La Découverte ».
Dans ce même « Cinéma Sauvenière », la veille, mercredi 28, à 20h, une autre initiative des « Grignoux », sous le titre « Face caméra: Passage à l’Acte »,  la présentation, sur grand écran, « face caméra », des travaux des étudiants de l’ « ESACT » (« École Supérieure d’Acteurs du Conservatoire royal de Liège »), mis en scène par Delphine Noels, qui écrit: « Cette année, mes étudiants et moi-même avons choisi de travailler autour de la thématique du passage à l’acte et du franchissement des limites. Chacun a été invité à partir de ce que ce sujet évoque en lui, sans reculer devant ses parts obscures et inavouables, pour élaborer des scènes de fiction. Comme chaque année, ces scènes sont des prétextes à jouer et à confronter les étudiants au jeu d’acteur au cinéma dont  la spécificité comme le dit Tarkovski réside dans le fait d’un ‘vivre’ plutôt que d’un ‘ jouer’: ‘l’acteur doit être dans un état intérieur authentique tel qu’il n’y a plus rien à jouer’. Nous disposions cette année d’un délai très court, de seulement sept semaines, pour écrire ces scènes et les tourner » … 

Avertissement: ce film est déconseillé aux moins de 16 ans,  certaines scènes peuvent heurter les âmes sensibles.

Yves Calbert (avec de larges extraits de textes des « Grignoux »).

 

 

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