« La Vallée des Loups », à Liège et à Namur, les 12 et 18 Avril

Projeté, dans deux salles, devant 400 spectateurs, en Première mondiale, le 23 octobre 2016, en présence du réalisateur et de son assistante, à l’occasion du Gala de Clôture du « FINN » (« Festival International Nature Namur »), « La Vallée des Loups » (Jean-Michel Bertrand/Fra./2016/90’/« Prix du Jury Jeune », au 25ème « Festival du Film de Sarlat », en novembre 2016), figure au programme de deux soirées événementielles des « Grignoux », le 12 avril, à 19h45, au « Cinéma Le Parc », à Liège, et le mardi 18 avril, à 20h, au « Caméo », à Namur, en partenariat avec « Natagora » et « Forêt-Nature ».

A noter que, dans la capitale wallonne, la projection sera suivie d’une rencontre avec Marc Bussers, directeur de « Forêt Wallonne », et Anthony Kohler, expert de « Natagora », vice-président de« Ferus Belgique » (association pour la conservation de l’ours, du loup et du lynx). 

A Liège, avec ce dernier, au cours d’une rencontre intitulée « Quelle place peut-on laisser au loup en Belgique? », les organisateurs annoncent la présence de Stijn Vandyck, éleveur ovin et Jean-Pierre Scohy, inspecteur général du « Département de la Nature et des Forêts de la Région Wallonne ». Stijn Vandyck, éleveur ovin.

Synopsis: « Il existe encore, aujourd’hui en France, des territoires secrets. Ce film est une quête personnelle, l’histoire d’un pari fou tenté par un passionné rêveur, un anti héros capable de briser toutes les barrières pour parvenir à son but: rencontrer des loups sauvages dans leur milieu naturel. Après trois années passées sur le terrain à bivouaquer en pleine nature par n’importe quel temps, le réalisateur parvient à remonter la piste des loups. Petit à petit, il observe, se rapproche et finit par se faire accepter par la meute. Contre toute attente les prédateurs magnifiques offrent alors un peu de leur intimité à ce drôle de personnage. Mais le film pose aussi la question des limites de cette intimité. »

Bien loin des super productions américaines des « Studios Disney », ce film à petit budget (700.000€), Intimiste, dénué de tout tapage, relate une aventure humaine menée par un « depuis toujours amoureux de la vie sauvage », comme il se présente lui-même

Progressant, été comme hiver, à pied, à cheval, à ski, à 57 ans, dans une vallée qu’il veut « garder secrète pour protéger les canidés qui l’occupent », Jean-Michel Bertrand est le premier cinéaste à avoir filmé les loups sauvages dans leur environnement naturel, quelque part dans les Hautes-Alpes, pendant trois ans, de mars 2013 à juillet 2016.

Tapi dans la végétation, à 1.800 m d’altitude, par tous les temps, dormant à même le sol dans un simple sac de couchage, même sous l’orage, il a vécu le doute, la déprime, l’auto-dénigrement, …, puis, enfin, un ravissement furtif (« j’étais euphorique », dit-il), face à son premier loup, alors que lui-même marquait son territoire, tout naturellement, en urinant en pleine nature.

A notre collègue Audrey Garric, du journal « Le Monde », évoquant cet instant, il confie: « Tout ce temps passé, ces doutes, ont été à la mesure de l’émotion que j’ai ressentie. C’est ultra-puissant, comme un coup de poing dans l’estomac. On sort de notre univers pour rejoindre le monde magique de la nature sauvage. D’ailleurs, les images sont ratées: elles tremblent, je n’arrivais pas à faire le point. Mais j’ai voulu les laisser dans le film, car elles sont empreintes d’une très grande charge émotionnelle. Les loups ont été une obsession, un fantasme. »

Ayant commencer son tournage en mars 2013, cette première rencontre, avec un seul loup, se fait en juin 2013, … mais ce n’est que fin avril 2014, qu’il voit, enfin, une meute de loups de jour, filmée par une de ses caméras automatiques, qui, 24 heures sur 24, se déclenchent au moindre mouvement… Une bien longue attente, qui lui fait dire: « Le loup m’a emmené bien au-delà de moi-même. Cela a été une aventure personnelle incroyable, un grand voyage philosophique. Il m’a donné beaucoup de temps pour m’ennuyer et me retrouver face à moi-même, pour questionner le rapport de l’homme à la nature. »

Mais là, ce n’était encore que de la pellicule cinématographique… Aussi nous voyons Jean-Michel Bertrand continuer à marquer son territoire, toujours aux mêmes endroitsdormant sur les mêmes lieux, pour habituer les loups à sa présence… Enfin, il découvre des carcasses, … des excréments encore tièdes… Ils sont bien là, C’est certain… Et, dès le lendemain, c’est la rencontre, « live », qui se poursuit tous les jours, durant près d’un mois…

Réalisateur de ce film, il en est aussi, le seul acteur humain, sa voix off étant au commentaire. Extraits: « J’ai grandi ici, au coeur des Alpes. Depuis quelque temps une intuition m’obsède: et s’il revenait ici dans cette vallée secrète… Je prends conscience que chercher un loup là dedans, c’est comme chercher une aiguille dans une motte de foin… Le loup sauvage, il apporte une autre dimension, il enrichit mes rêves. »

Mais comment lui vint l’idée de ce long-métrage? Après avoir réaliser des reportages en Irlande, en Mongolie, en Chine, il tourne, enfin, le document qui l’intéresse vraiment, sur les aigles, dans sa vallée secrète: « Vertige d’une Rencontre » (Fra./2010/75′). « Je n’ai jamais été aussi mal financièrement mais aussi bien dans ma tête », dit-il à cette époque, prenant conscience d’une probable présence de loups dans cette même vallée.

… Et, enfin, à force de patience et de méthode, la rencontre entre l’anilmaut lieu et s’est poursuivie pendant près d’un mois, lui permettant certaines observations: « J’ai aussi observé que les femelles marchent toujours en premier et décident de là où se rend la meute. Enfin, j’ai remarqué le côté besogneux du couple dominant : toute leur énergie passe à s’occuper des petits, pour faire en sorte qu’ils grandissent dans les meilleures conditions, comme chez nous ou beaucoup d’animaux. »

S’opposant à l’idée du danger que représente les loups pour l’homme, il réplique: « Les loups que j’ai rencontrés m’avaient repéré : ils me regardaient et pissaient au même endroit que moi. Mais jamais je n’ai ressenti d’agressivité de leur part. »

… Mais pourquoi a-t-il rompu cette rencontre qu’il avait tant attendue? Lors de notre entrevue au « FINN », à Jambes, le 23 octobre 2016, alors que son émotion était grande, son film ayant recueilli un immense succès, il nous dit qu’il voulait éviter de mettre la meute en danger, en leur laissant sentir que les hommes ne sont pas dangereux, … ce qui, malheureusement, n’est pas toujours vrai. Il convenait donc de protéger ces loups qui lui avaient tant apporté!

A Audrey Garric, il ajoutait: « Pour mon plaisir personnel, j’aurais pu finir par me filmer avec un louveteau sur les genoux. Mais j’avais une responsabilité, j’ai préféré arrêter par moi-même. C’est pour cela que la vallée doit rester secrète. Ce n’est pas seulement une protection contre ceux qui en veulent aux loups, mais aussi contre ceux qui les aiment, qui voudraient les voir au plus près et pourraient les déstabiliser. »

… Et pour découvrir d’autres films sur la vie animale, sachez que le « FINN » se déroulera du 13 au 22 octobre 2017, à Jambes, sur le plan cinématographique, mais aussi en différents lieux de la Citadelle et du Centre-Ville de Namur, pour ce qui concerne de nombreuses expositions photographiques, un concours de photographies étant même proposé à tout en chacun. Pour plus de renseignements: www.festivalnaturenamur.be.

En attendant, pour tous les amoureux de la nature et même pour un public beaucoup plus large, ce documentaire, « La Vallée des Loups », est à voir, absolument… Mais, attention, l’on ne peut sortir de la salle qu’ému, fasciné même, par cette expérience humaine assez exceptionnelle, au sein d’un superbe décor alpin…, en n’oubliant pas les paroles de  Jean-Michel Bertrand: « Comment raconter le sauvage en filmant des animaux apprivoisés? Il n’y a pas de poésie, pas de magie, pas d’émotion… »

Rendez-vous donc, en ce mois d’avril, au « Cinéma le Parc », le mercredi 12, ou au « Caméo », le mardi 18!

Yves Calbert / Photos: (c) Jean-Michel Bertrand.

A lire également: www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/01/04/comment-j-ai-reussi-a-filmer-des-loups-sauvages_5057651_1652692.html#wrXDuyDKhwxgM5t7.99.

 

 

 

 

 

 

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L’auteur avait déjà pourchassé les aigles dans un précédent documentaire, lui aussi tourné dans les montagnes de son enfance, « Vertige d’une rencontre » (2010).

Il s’est aperçu à cette occasion que ce territoire était « idéal pour les loups. Une intuition qui deviendra une obsession: voir le loup, filmer le loup sauvage ! », explique-t-il dans les notes de production.

Jean-Michel Bertrand, qui a parcouru le monde pendant trente ans pour réaliser des documentaires, entreprend d’explorer ce territoire, qu’il n’identifie pas précisément, à la recherche du moindre indice de la présence de loups.

Selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), « canis lupus italicus » est naturellement réapparu en France dans les années 1990 via les Alpes et sa population compte au total 250 à 300 individus.

« S’il revenait ici, dans cette vallée secrète ? », s’interroge Jean-Michel Bertrand.

Des mois durant, il tentera de repérer des zones susceptibles d’être habitées par les canidés, arpentant la vallée et la montagne par tous les temps, souvent chargé comme un baudet, et bivouaquant sur place, pour faire partie intégrante de ce territoire sauvage.

Jean-Michel Bertrand finit par croiser le regard d’un loup. « C’est un signe », estime-t-il dans le film, encouragé par cette première rencontre.

Mais la dizaine de caméras qui se déclenchent au moindre mouvement, installées en divers endroits stratégiques, n’enregistrent que des images de sangliers, biches, écureuils, blaireaux, marmottes… « Il y a tout, sauf les loups », soupire-t-il, « j’ai l’impression d’avoir affaire à un fantôme ».

Il en faudrait cependant davantage pour que ce passionné renonce à la rencontre avec un animal dont il rêve depuis des années.

Il s’émerveille devant le spectacle de la nature, passe des heures immobile à scruter le paysage et, seul face à lui-même, découvre « une autre façon d’appréhender le temps qui passe, le monde qui s’agite ». « Loin de la fureur du monde, je vis de grands moments de sérénité », dit-il.

Le film le montre aussi découragé, lorsque les loups restent obstinément invisibles, quand, dit-il, « on a passé plusieurs jours et plusieurs nuits sans sortir (de l’abri) et que l’on n’a pas fait une seule image ».

Mais malgré la rudesse des conditions de vie en pleine nature et les frustrations fréquentes, l’expérience se révèlera positive pour Jean-Michel Bertrand. « Les loups m’ont fait grandir », dit-il

 

 

 

 

 

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