Faut-il combattre un chanteur?



3. Faut-il combattre un chanteur?
Un événement dans l’histoire de la chanson française: Michel Sardou vient d’annoncer qu’il va arrêter de chanter, après son prochain opus et une tournée ultime (http://www.lalibre.be/culture/musique/michel-sardou-arrete-la-chanson-5927dc2ecd702b5fbecb089d).
Au printemps 1977, je participais aux actions qui critiquèrent sa venue au Forest-National de Bruxelles, à l’époque où il chantait «Je suis pour», une chanson non pas en faveur de la peine de mort, mais peut-être pire, des couplets revendiquant la loi du talion.
Trente ans plus tard, rien n’a changé. Lorsque Marc-Olivier Fogiel invita Michel Sardou dans son talk-show sur M6, l’entretien se déroula en direct et confirma que le chantre de «Je suis pour» n’avait guère évolué dans ses idées: http://www.dailymotion.com/video/x2xabk_michel-sardou-et-la-loi-du-talion_news
Ce fut l’un de nos premiers combats culturels contemporains.
Les médias osent difficilement le remémorer. Au cours de ces dernières années, à deux reprises, comme témoin pour des émissions à diffuser sur France Télévisions, j’ai eu mon voyage Bruxelles-Paris en TGV remboursé afin d’être interviewé dans la capitale française. À chaque fois, le programme disparaîtra dans les oubliettes. La dernière fois, ce fut pour la célèbre émission de France 2, «Un jour, un destin» présentée par Laurent Delahousse.
Cette «affaire Sardou» fut pour moi un baptême du feu. C’est à partir de cette expérience douloureuse que je compris combien les médias pouvaient trafiquer la réalité. Je l’ai rappelé récemment dans un article que j’ai rédigé pour le site Consoloisirs:
«(…) L’équipe d’Antenne 2 (l’ancêtre de France 2) débarqua sur l’esplanade de Forest-National, durant l’après-midi, en pleins préparatifs de l’action.
Les organisateurs n’avaient pas prévu de calicots, puisqu’il s’agissait simplement d’une séance de distribution de tracts aux spectateurs de Sardou.
Cela n’a guère plu au média français qui menaça de ne pas tourner s’il ne pouvait pas avoir «de bonnes images». Les organisateurs furent ainsi forcés d’improviser la réalisation de banderoles et d’affiches, quasi sous la direction de l’équipe d’Antenne2.
Bien entendu, cela radicalisa la perception de cet événement, et sa représentation pour le public, via les petits écrans.
Ce qui se voulait une tentative de dialogue avec les spectateurs deviendra, au grand regret des organisateurs bruxellois, une manifestation dont le but serait l’interdiction des concerts de Sardou.
C’est cette option quasi mensongère qui sera imposée à tous par une imposante médiatisation. Elle aura pour conséquence le fait que des concerts seront effectivement annulés au cours de la suite de la tournée en France.
Les militants bruxellois se retrouveront isolés, et souvent incompris, car d’autres chanteurs emblématiques comme Yves Montand ou Maxime Le Forestier, qui étaient par nature leurs alliés, apporteront leur soutien au chanteur «censuré», puisque sa liberté d’expression était entravée (…)».
Par contre, à l’époque, les journaux télévisés de la RTBF avaient fourni un travail remarquable.
Bien davantage de détails et de réflexions sur cette thématique complexe:

Bernard Hennebert

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