EUROPALIA INDONESIA

Littérature indonésienne contemporaine : la diversité des voix

L’Indonésie connaît une littérature plurielle et pléthorique, reflet de sa géographie. Pourtant seule une poignée de grandes plumes est connue à travers le monde, tel Pramoedya Ananta Toer, plusieurs fois nominé pour le prix Nobel. Afin d’élargir cet horizon, la programmation littérature d’EUROPALIA INDONESIA présente des auteurs de régions diverses – de Java à Bali, d’Aceh à Macassar –, ainsi que des voix moins connues mais chargées d’un énorme potentiel créatif.

EUROPALIA INDONESIA s’attache aussi à susciter un dialogue littéraire entre l’Indonésie et la Belgique. Ainsi, sur les traces des ancêtres indonésiens, la Poétesse nationale belge Laurence Vielle effectue une résidence à Makassar, chez l’écrivaine et journaliste « citoyenne » Lily Yulianti Farid. Celle-ci sera à son tour en résidence à Bruxelles, où elle donnera en novembre des conférences sur la position de la femme musulmane dans la société contemporaine. Pour sa part, Laurence Vielle entrera en dialogue à Bruxelles avec des écrivains et poètes rencontrés à Makassar.

La dizaine d’écrivains et de poètes indonésiens invités par le festival donne un aperçu certes modeste, mais représentatif de la littérature indonésienne contemporaine. Pour leur sélection, plusieurs aspects ont été pris en compte : la parité homme/femme, l’origine géographique et ethnique et la publication d’au moins une de leurs œuvres dans une langue européenne.

Chanteur de rock progressif avant de devenir auteur de best-sellers, Ben Sohib écrit des livres drôles, noirs et grinçants sur la vie urbaine des musulmans. Née en Aceh, région lacérée par les conflits et la violence, Zubaidah Djohar mène dans ses poèmes chantants et dansants une lutte ardue contre l’oubli. Maître de la déclamation poétique en langue sundanaise, Godi Suwarna mêle dans sa poésie des voix rurales et urbaines, traditionnelles et cosmopolites.

L’histoire de l’Indonésie coloniale a rarement été racontée d’une façon aussi passionnante que dans les nouvelles d’Iksaka Banu avec ses personnages tridimensionnels.

Ayu Utami a pavé la route pour toute une génération d’écrivaines indonésiennes, brisant les tabous autour du passé (post)colonial indonésien, mais aussi de la sexualité et des genres. Le jeune poète et nouvelliste Norman Erikson Pasaribu donne une voix sophistiquée aux commu¬nautés LGBTQ d’Indonésie. En 2015, le Jakarta Arts Council a primé son premier recueil.

Ses origines chinoises du poète et musicien balinais Tian Lioe Le se ressentent dans sa poésie, qui reprend des éléments de la mythologie et des rituels chinois. L’identité chinoise n’est jamais loin dans les romans légers, drôles et multiculturels de Margareta « Margie » Astaman. La jeune génération de lecteurs indonésiens la vénère.

Infos pratiques
10 octobre 2017 > 21 janvier 2018

www.europalia.eu

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