Du pesticide dans le bio : un label qui ne voudra plus rien dire !

 

« Il y a 18 mois, nous tirions la sonnette d’alarme à propos des négociations sur le label bio qui semblaient aller totalement à l’encontre de l’intérêt des exploitants et de ceux des consommateurs. Aujourd’hui, les négociations à peine terminées, force est de constater que nos craintes étaient fondées », annonce d’emblée Marc Tarabella, eurodéputé spécialisé dans l’agriculture et la protection des consommateurs.

Du pesticide dans le bio

« Tout d’abord, les pesticides seront permis dans le bio, même dans des quantités non négligeables dans certains États membres. Ce constat ne fera cependant pas perdre au producteur son label bio. Je suis scandalisé car toute la crédibilité du bio repose sur son label. Le risque de décertification est fondamental, car la menace pour les agriculteurs de perdre le label est le fondement même du système et augmente la garantie d’exploitations saines.

Alors que la Commission proposait une uniformisation des seuils vers le bas, ce pré-accord permet un label à la carte. Dans le cas présent, le label bio sera très loin d’avoir la même crédibilité partout avec des produits de qualité très différentes dans vos rayons selon leur provenance », tonne le parlementaire européen Marc Tarabella.

Contrôles dans les exploitations

« Au niveau des contrôles aussi, on peut être déçu. La proposition de législation stipule que les autorités nationales doivent effectuer un contrôle annuel dans chaque exploitation pendant trois ans, ensuite, le contrôle sera effectué tous les deux ans pour les bons élèves. C’est certes une bonne nouvelle dans les pays où ces contrôles étaient moins fréquents. 

« Je regrette toutefois qu’on n’ait pas fixé un pourcentage de contrôles surprises supplémentaires. Actuellement, les États membres organisent entre 5 et 10 % de contrôles inopinés supplémentaires, le meilleur élève étant la Wallonie avec près de 60% de contrôles surprises en plus des contrôles fixés annuellement! », précise encore l’eurodéputé PS Tarabella.

Cultures hors-sol autorisées

Autre point de déception, les cultures hors-sol seront toujours permises pour encore 10 années, sous dérogation à la Finlande, la Suède et la Norvège. Cela va totalement à l’encontre du concept même du bio qui prône la culture en pleine terre.

Semences

A l’heure actuelle, les semences utilisées en agriculture biologique, mais qui ne figurent pas dans le catalogue officiel, sont jugées techniquement illégales.

De plus, chaque État membre avait sa propre liste de semences autorisées, sans aucune cohérence avec ses voisins, engendrant une entrave importante à l’épanouissement du secteur organique. Le conseil et donc les différents États se sont entendus sur le principe d’un échange de données afin de permettre la légalisation d’un nombre plus important de semences. Une phase expérimentale verra le jour d’ici peu.

Le consommateur européen et sa confiance dans le label bio

« Plus de 70 % des Européens déclarent avoir confiance dans les produits biologiques, d’après les statistiques de l’UE. Ils sont toutefois 60 % à préconiser une amélioration du système de contrôle.

Enfin, les Européens sont prêts à payer entre 15 et 35% plus cher des produits de qualité certifiée. Autant de statistiques qui démontrent à quel point respecter le consommateur et garantir la qualité du produit est primordial. » 

Conclusion

« Ces positions vont selon moi à l’encontre de l’agriculture bio et de l’intérêt du consommateur. Ces conclusions devront encore être votées au sein du Parlement européen mais ce pré-accord obtenu entre les États membres et les représentants des différentes institutions est un mauvais signal. On peut être d’autant plus étonné et déçu que c’est un rapporteur Vert allemand qui était à la manœuvre, un réel paradoxe. Il tend à accroître la méfiance entre le consommateur et les autorités et va à l’encontre de tout ce pour quoi je me bats au quotidien au sein du Parlement européen », conclut Marc Tarabella (notre photo).

 

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