Droit de grève

SNCB : sortir du service minimum quotidien plutôt que de s’attaquer au droit de grève

Le député fédéral PTB Marco Van Hees dénonce le projet de service minimum du ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) : « Le service minimum pour les usagers, c’est déjà 365 jours par an. En quoi ce projet va améliorer le quotidien des usagers, qui est la priorité ? Avec son projet, le gouvernement veut casser la force du collectif et pousser à une opposition individuelle entre le travailleur et l’employeur. Le service minimum même “light” que le ministre Bellot veut imposer à la SNCB est un précédent dangereux pour le droit de grève des cheminots, mais aussi pour l’ensemble des travailleurs. »
Selon le député Marco Van Hees, c’est le manque d’investissements qui est la source des problèmes que rencontrent les usagers : « Ce mercredi 10 mai, les navetteurs ont connu un enfer sur la ligne Namur-Bruxelles : jusqu’à 1200 minutes de retard cumulées sur cette ligne. Il n’y avait pourtant pas de grève ce jour-là. Jeudi 11 mai, le trafic a été totalement interrompu entre Gand-Saint-Pierre et Lokeren. En raison d’une grève ? Non. En raison d’un dommage à la caténaire. Et le RER, lui, ne sera pas là avant 2030. Ces exemples peuvent s’étaler à l’infini : le service minimum, c’est 365 jours par an pour les usagers. Les grèves, au maximum quelques jours par an. En quoi ce projet va-t-il améliorer le quotidien des usagers ? Que fait le ministre Bellot pour résoudre ces problèmes ? Rien. La proposition du gouvernement s’attaque au droit de grève pour masquer son échec à offrir un service de qualité aux voyageurs. »
Et, justement, pour le parti de gauche, le ministre Bellot préfère s’attaquer à ceux qui osent remettre en cause la casse du service public. Le gouvernement veut s’attaquer à ceux qui font des actions pour sauvegarder le service public aux usagers, à ceux qui défendent une SNCB qui à les moyens d’offrir un service maximum toute l’année pour les usagers.
Plus fondamentalement, le ministre – même s’il s’en défend – s’attaque au droit de grève comme droit collectif. Le projet du ministre Bellot, en demandant aux travailleurs de déclarer individuellement s’ils iront travailler ou non 4 jours à l’avance, pousse vers l’individualisation du droit de grève. Chaque travailleur se retrouvera dans un rapport individuel avec sa hiérarchie pour pouvoir se déclarer en grève. Il se trouvera donc à la merci des pressions locales. La proposition du ministre casse dans les faits la force du collectif. C’est une offensive idéologique contre les organisations des travailleurs. Cette individualisation a un but précis : amoindrir leur rapport de force pour précariser encore davantage les travailleurs.
Marco Van Hees accuse aussi le gouvernement de vouloir diviser pour régner : « Tout employeur un peu intelligent ne va jamais s’attaquer frontalement aux droits de l’ensemble des travailleurs, il va utiliser le diviser pour régner. Le service minimum que le ministre Bellot veut imposer à la SNCB est un précédent dangereux. Le gouvernement travaille avec la technique du pied dans la porte. Dans les pays où le droit de grève est le plus malmené, comme l’Angleterre, les gouvernements ont toujours commencé petit à petit. Le gouvernement commence par exiger un préavis plus important, renforcer les formalités, tout en se défendant de remettre en cause le droit de grève. Mais, au fur et à mesure, de plus en plus d’obstacles sont mis, pour aboutir à remettre en cause le droit de grève lui-même. D’abord pour les services publics comme la SNCB, où les syndicats sont plus implantés, mais ensuite pour l’ensemble des travailleurs. Nous ne sommes pas dupes. »
Pour conclure, le député de gauche rappelle qu’il existe d’autres manières d’éviter une grève. « Mais ça demande un virage à 180° : il faudrait faire marche arrière sur le projet de casse du service public du gouvernement. C’est de remettre en cause les 3 milliards d’euros d’économies à la SNCB. C’est de remettre en cause la libéralisation annoncée du rail. Car ce sont ces projets qui provoquent un remous justifié à la SNCB tant auprès des cheminots que des usagers. »
PTB

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