Cinéma : « Carnivores » et « Ni Juge, ni Soumise »

Z. Hanrot & L. Bekthi dans « Carnivores »
(c) « Mars Films »

A 20h, ce mercredi 11 avril, au « Sauvenière », à Liège, et ce jeudi 12, au « Caméo », à Namur, Première de « Carnivores » (Bel.-Fra./2018/98′), une première réalisation de deux jeunes acteurs belges réputés, les frères Renier, Jérémie (°1981) et Yannick (°1975), qui seront présents pour la traditionnelle rencontre suivant la projection de ce thriller psychologique familial mettant aux prises deux sœurs liées par des rapports fusionnels et ambigus.

Leila Bekthi, dans « Carnivores                            (c) « Mars Films »
Zita Hanrot, dans « Carnivores »                          (c) « Mars Films »

Synopsis : « Mona rêve depuis toujours d’être comédienne. Au sortir du Conservatoire, elle est promise à un avenir brillant mais c’est Sam, sa sœur cadette, qui se fait repérer et devient rapidement une actrice de renom. À l’aube de la trentaine, à court de ressources, Mona est contrainte d’emménager chez sa sœur qui, fragilisée par un tournage éprouvant, lui propose de devenir son assistante. Sam néglige peu à peu son rôle d’actrice, d’épouse, de mère et finit par perdre pied. Ces rôles que Sam délaisse, Mona comprend qu’elle doit s’en emparer… » (« Allo Ciné »)

Jérémie et Yannick Rénier

« Les frères Rénier ont eu l’intelligence d’éviter toute forme de bavardage, de circonvolutions psychologisantes pour aller à l’essentiel : le corps des deux sœurs. Dans un premier temps, ils se coulent dans une même origine baignée des couleurs et du souffle de la méditerranée. Mais la beauté de Mona se cache derrière de trop encombrantes lunettes, une posture trop raide et une extrême réserve. Mona s’installe d’emblée dans la position de celle qui va servir, essuyer les plâtres. Elle s’efface au profit des autres. Par contre, Sam est un feu d’artifice pemanent.Tout semble lui réussir. Elle exulte, met en scène et en lumière son extrême sensualité. Mais son trop plein d’energie, sa manière de suivre aveuglément ses impulsions va lui jouer des tours » (« Les Grignoux »).

Z. Hanrot & L. Bekthi dans « Carnivores »
(c) « Mars Films »

Qui sait, cette relation tumultueuse entre deux soeurs, à l’écran, fort bien interprétées par Leila Bekthi et Zita Hanrot, l’une ayant mieux réussi que l’autre dans sa carrière d’actrice, ne fait-elle que reflèter ce que les frères Rénier éprouvent, dans leurs vraies vies d’acteurs !

Jérémie Rénier dans « L’Enfant »
Jérémie Rénier dans « La Promesse »

Ainsi, Jérémie n’avait que 15 ans, lorsque découvert par deux autres frères de nationalité belge, Jean-Pierre et Luc Dardenne, il tint la vedette dans « La Promesse » (Bel.-Fra.-Lux./1996/93’/« Bayard d’Or du meilleur Film », « Prix du Public » et, pour Olivier Gourmet, « Bayard du meilleur Acteur », au « FIFF », à Namur/« Prix du meilleur Film étranger », décerné par l’ « Association des Critiques de Films », à Los Angeles).

Jérémie Rénier dans « Cloclo »

C’est lui, à nouveau, qui fut retenu par les frères Dardenne pour « L’Enfant » (Bel./2005/95’/« Palme d’Or », du « Festival de Cannes », en 2005), un long-métrage qui lui permit d’obtenir, en 2006, le « Prix Joseph Plateau du meilleur Acteur » et le « Prix Gabin ». En outre, nous retenons sa performance lorsqu’il tint le rôle de Claude François, pour « Cloclo » (Florent Emilio-Siri/Bel.-Fra./2012/148′), recevant le « Swann d’Or du meilleur Acteur », au « Festival De Cabourg », en 2012, et le « Globe de Cristal du meilleur Acteur », en 2013. En outre, il obtient deux « Magritte du meilleur Acteur dans un second Rôle », pour « Potiche » (François Ozon/Fra./2010/103’/avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu et Fabrice Luchini), en 2012, et pour « Saint Laurent » (Bertrand Bonello/ Fra./2014/150′), en 2015.

Yannick Rénier (barbu) dans « Patients »

Yannick, quant à lui, fut désigné « meilleur Espoir masculin », aux « Prix du Théâtre », à Bruxelles, en 1999, obtenant, côté Cinéma, le « Prix du meilleur second Rôle masculin », au « Festival Jean Carmet », à Moulins, en 2011, pour « Toutes nos Envies » (Philippe Lioret/Fra./2011/120′) et le « Prix d’Interprétation masculine » (prix collectif pour l’ensemble des acteurs du film), au « Festival du Film de Sarlat », à  Sarlat-la-Canéda, en 2011, pour « Patients » (Fabien Marsaud & Mehdi Idir).

Si une scène violente est susceptible de choquer un jeune public, soulignons que ce film restera à l’affiche à Namur, au « Caméo », jusqu’au mardi 15 mai, à 18h45, et à Liège, en alternance au « Sauvenière », au « Parc » et au « Churchill », jusqu’au lundi 14 mai, à 20h30, dans cette dernière salle.

A. Gruwez dans « Ni Juge, ni Soumise »

Le vendredi 13, à l’attention des personnes sourdes et malentendantes, au « Caméo », à « Namur« , une séance unique, sous titrée de « Ni Juge ni Soumise » (Yves Hinant & Jean Libon/Bel./2018/99′), qui vient, déjà, de remporter l’ « Amphore d’Or » (le « Grand-Prix ») et « L’Amphore du Peuple » (ou « Prix du Public »), au  « Festival du Film grolandais », à Toulouse. L’occasion de retrouver, comme réalisateurs, les créateurs de l’émission culte belge « Strip-tease », nous présentant un étonant documentaire belge sur le travail quotidien, à Bruxelles, d’Anne Gruwez, une  Juge d’instruction hors du commun.

A. Gruwez dans « Ni Juge, ni Soumise »

Synopsis : « Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi la juge Anne Gruwez au cours d’enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Celle-ci nous entraîne sans façon au sein de ses enquêtes criminelles où rien ne nous sera épargné : scènes de crime, photos des victimes, exhumation d’un cadavre pour un prélèvement d’ADN. Une incroyable tranche de vie qu’on ne risque pas d’oublier… Ce n’est pas du cinéma, c’est pire… » 

Anne Gruwez en 2 CV,                                        dans « Ni Juge, ni Soumise »
En 2 CV, à Bruxelles,
dans « Ni Juge, ni Soumise »

 

Quelques critiques de la Presse française, avec pour « La Croix » (Jean-Claude Raspiengeas) : «  ‘Ni juge, ni soumise’ fait défiler un échantillon d’humanité qui échoue dans le bureau de cette juge, elle-même hors norme. Toutes les occasions où elle apparaît sont cocasses, nature et, par moments, inquiétantes sur l’administration de la justice belge… «  Pour « Le Figaro » (Nathalie Simon) « On rit beaucoup et pourtant les dossiers de la juge sont terribles… Les images montrent que la réalité est souvent beaucoup plus forte que la fiction… » Pour « L’Humanité » (Vincent Ostria) : « Folie douce à tous les étages dans ce film rentre-dedans où la figure extravertie de la magistrate s’avère être de la trempe de certains comédiens belges comme Benoît Poelvoorde ou Yolande Moreau. Rien ni personne ne sort indemne de ce jeu de massacre documentaire… »Pour « Le Journal du Dimanche » (Stéphanie Belpêche) : « Pendant trois ans, les réalisateurs de ‘Strip-Tease’, l’émission culte de la télé belge, ont suivi cette femme au caractère affirmé au cours de ses enquêtes, auditions, visites de scènes de crime, ou relâchant la pression au volant de sa 2CV bleue. Son franc-parler réjouissant permet une bonne dose d’humour très noir.. »

« Ni Juge, ni Soumise »

« Allo Ciné », les deux réalisateurs confient : « Signer un polar est particulièrement excitant, pas seulement parce qu’il aiguise notre curiosité macabre sur l’âme humaine, mais aussi parce que c’est souvent dans l’histoire d’un crime qu’on peut voir à la loupe la société dans laquelle on patauge. Dans un polar, l’histoire est le plus souvent un prétexte qui nous amène à décrire les turpitudes de l’âme humaine. Dans un polar, on est prêt à suivre n’importe quelle piste, du moment que l’univers qui y est décrit nous touche, nous concerne et nous questionne. Peu importe le criminel, du moment que ceux qui le traquent se passionnent pour son profil… « Est-ce un documentaire ou une fiction ? De l’art ou du cochon. Ni juge ni soumise ce n’est pas du cinéma… Ce n’est pas du cinéma, c’est pire !… » 

A. Gruwez dans « Ni Juge, ni Soumise »

Quant aux « Grignoux », la rédaction nous confie : « Anne Gruwez ne s’arrête jamais. …, elle nous entraîne sans façon au sein de ses enquêtes criminelles où rien ne nous sera épargné : scènes de crime, photos des victimes, exhumation d’un cadavre pour un prélèvement d’ADN, cavernes d’Ali Baba où s’entassent les pièces à conviction. Nous voilà pris de plain-pied dans un univers qui a tout du polar. Nous y côtoyons le fonctionnement de la justice, le cheminement d’une enquête avec ses impasses, ses montagnes à déplacer, l’émergence d’un réel sans complaisance…  Et le film de nous délivrer toute une humanité blessée, des personnages aux abois et des représentants du pouvoir judiciaire qui tentent, avec les moyens du bord, de s’y retrouver, de remettre un peu d’ordre dans une réalité sociale qui les dépasse. Une incroyable tranche de vie qu’on ne risque pas d’oublier… Anne Gruwez est entière et ne mâche pas ses mots. Lors des auditions, elle engueule vertement certains prévenus, distribue à tour de bras menaces et leçons de morale. C’est elle qui aura toujours le dernier mot. Elle terrasse avec sa verve, son aplomb, son sens de l’humour et son second degré… »

A. Gruwez dans « Ni Juge, ni Soumise »

… Et la rédaction des « Grignoux » de reprendre les propos d« Yves Hinant et Jean Libon « Notre écriture, c’est une comédie à sa manière, grâce à des séquences mêlant l’humour noir, l’absurde, l’amertume des situations, parfois un peu de vulgarité, de la poésie, du désespoir, le tout ancré dans notre époque. Il s’agit de scandaliser ou de faire rire en mettant le doigt là où ça fait mal. Il s’agit de montrer des situations tragicomiques contemporaines… Nous scénarisons le réel, traquons notre quotidien en dénichant des personnages et des anecdotes de toutes catégories sociales, culturelles ou professionnelles confondues… »

A. Gruwez dans « Ni Juge, ni Soumise »

Sachant que « Ni juge, ni soumise » est également à l’affiche à Bruxelles, au « Cinéma Aventure », notons que si ce long-métrage, dans un univers qui a tout du polar, nous délivre une incroyable tranche de vie qu’on ne risque pas d’oublier, nous nous devons de signaler que des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs.

Notons que ce documentaire est proposé au « Caméo », à Namur, ainsi qu’en alternance, à Liège, au « Chruchill », au « Parc » et au « Sauvenière », en séances ordinaires, jusqu’au mardi 15 mai, dans l’après-midi, sans oublier que, dans le cadre d’ « Ecran large sur Tableau noir », ce film est, aussi, proposé en matinées scolaires.

Oeuvre de Jonas Dumont, à Namur

Egalement jusqu’au mardi 15 mai, sur les murs du « Caféo » et dans la Galerie d’Art du « Caméo », nous pouvons découvrir les œuvres du peintre Jonas Doumont.

A noter qu’en ce qui concerne la programmation ordinaire, jusqu’au vendredi 13, tant au « Caméo », à Namur, et qu’au « Sauvenière », à Liège, des séances sont organisées dès 10h, en raison des vacances scolaires, le prix d’entrée étant fixé au prix promotionnel de 4€50.

« Drôles de petites Bêtes »
« Cro Man »

Parmi les films proposés, nombreux sont ceux pensés pour les enfants, à voir en familles, dans les différentes salles des « Grignoux »tels « Cro Man » (Nick Park/UK/2018/89’/recommandé dès 4 ans), « Drôles de petites Bêtes » (Antoon Krings & Arnaud Bouron/Fra./ 2018/88’/dès 4 ans), « Sherlock Gnomes » (John Stevenson/USA/ 2018/  86’/dès 4 ans), « Pierre Lapin » (Will Gluck/ USA/2018/95′), « Rita et Crocodile » (Siri Melchior/Dan./2018/ 40’/  dès 3 ans), « La Sorcière dans les Airs » (J. Lachauer & M. Lang/UK-Lettonie/Suè./2012/52’/dès 4 ans), « Un Conte peut en cacher un autre » (Jacob Schuh, Jan Lachauer & Bin-Han To/Fra./2017/61’/dès 6 ans), « Belle et Sébastien 3 » (Clovis Cornillac/Fra./ 2018/91’/dès 6 ans) et « Gaston Lagaffe » (Pierre-François Martin-Laval/Fra./2018/95’/dès 6 ans). Pour la programmation complète, consultez le site web www.grignoux.be.

Yves Calbert.

 

 

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