#Castors de #Walibi : l’euthanasie par facilité?

Castors de Walibi : l’euthanasie par facilité?

Walibi veut se débarrasser de castors dérangeants. Le DNF propose de les euthanasier. Natagora décrypte la situation et propose des solutions. Un cas d’école qui arrive tandis que la Wallonie veut rabaisser les statuts de protection d’espèces protégées.

Une famille de castors installée de longue date sur la Dyle, en bordure de Walibi, dérange le parc d’attraction. Elle s’est établie en bordure du « Loup-Garou », les célèbres montagnes russes en bois. Craignant des chutes d’arbres, le parc consulte le DNF qui revient avec une proposition de piégeage et d’euthanasie des castors. Une solution extrême et peu réfléchie.

Les castors sont en effet implantés tout le long de la vallée. Supprimer une famille ne ferait qu’ouvrir un espace pour une nouvelle. L’espèce est en effet territoriale. Tant qu’une famille est installée, elle garde sa zone et empêche de nouvelles implantations. Comme la plupart du temps, la solution est donc la cohabitation. Des aménagements peuvent être entrepris pour sécuriser le site, comme protéger les arbres. Natagora s’engage d’ailleurs à entreprendre les travaux de sécurisation sur place. Plutôt que de signer l’arrêt de mort d’animaux sauvages, Walibi pourrait ainsi valoriser cette présence et en profiter pour informer les familles qui visitent le parc.

La solution d’abord préconisée du déplacement n’a pas vraiment de sens non plus. En Wallonie, au vu de l’état actuel de saturation des bassins et au vu de la dynamique des populations, les sites potentiels seront tous, à plus ou moins brèves échéances, naturellement recolonisés. Il n’est donc pas nécessaire de délocaliser des individus d’autant plus qu’il est difficile d’identifier a priori des sites où la cohabitation se passera sans problème. Si cette solution devait être choisie, Natagora se propose cependant d’accueillir les castors dans sa réserve naturelle de Virelles-Nature.

Enfin, la solution choisie, l’euthanasie, est bien sûr inacceptable. Le politique wallon est pour l’instant engagé dans une mauvaise voie. Cette décision est dans la droite ligne des velléités de rouvrir la Loi sur la Conservation de la Nature. Castor, blaireau, héron cendré, grand cormoran, pies et corneilles deviennent des cibles à abattre. Les décisions se prennent en terme de gain de temps et d’argent pour l’administration, les pêcheries et l’agriculture, au détriment du respect de la vie sauvage.

Par ailleurs, pour éviter qu’à l’avenir des décisions aussi brutales ne soient encore prises sans que toutes les solutions possibles aient été étudiées, Natagora a décidé de mettre en place un groupe de travail dédié aux castors. L’association dispose en effet des compétences et de l’expérience nécessaires pour gérer au mieux leurs activités. Elle permettra ainsi aux riverains comme aux autorités locales et régionales de trouver facilement des réponses à leurs inquiétudes et aux soucis que peuvent leur causer nos voisins bâtisseurs. Ce groupe de travail sera opérationnel dans quelques semaines. Il permettra de protéger mieux encore une espèce, rappelons-le, protégée par la Convention de Berne.

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