Budget mobilité : le gouvernement souffre de surdité sélective

Budget mobilité : le gouvernement souffre de surdité sélective

Aujourd’hui, la presse relate des nouvelles inquiétantes : le projet de création d’un budget mobilité en remplacement de la voiture de société est passé à la vitesse supérieure grâce à un projet de loi que le spécialiste en ressources humaines SD Worx a concocté à la demande du gouvernement. Le projet vise à permettre aux travailleurs qui disposent d’une voiture de société de l’échanger contre une indemnité en cash.

Bref, un “cash for cars” pur et simple.

Surprenant, lorsque l’on connaît l’avis unanime fort différent que les partenaires sociaux ont rendu sur le sujet. Les syndicats et employeurs avaient opté pour une approche équilibrée, en insistant sur l’utilisation du budget mobilité en faveur de plusieurs moyens de transport durables.
La proposition des partenaires sociaux a principalement pour but de favoriser l’intermodalité, à savoir l’utilisation de plusieurs moyens de transport compatibles, et la mobilité durable. L’objectif est d’engendrer un changement des comportements de mobilité sans surcoût pour les employeurs, sans perte de salaire pour les travailleurs et sans impact négatif sur le financement de la sécurité sociale et des pouvoirs publics.

Les organisations syndicales et patronales souhaitent que la conversion de la voiture de société en budget mobilité soit bénéfique pour l’environnement et la mobilité. Remplacer tout bonnement le véhicule de société par de l’argent qui servirait quand même à acheter une voiture – probablement moins prestigieuse, mais peut-être tout aussi polluante – n’a aucun sens.

Une fois de plus, les partis de la majorité démontrent leur manque de respect à l’égard de la concertation sociale. Le thème de la mobilité constituait, dans le dernier accord interprofessionnel, l’un des défis sociaux que les partenaires sociaux se promettaient de relever et pour lesquels ils prennent effectivement leurs responsabilités.
Sans oublier que la formation des salaires reste, par excellence, la prérogative des partenaires sociaux.

Le gouvernement s’inquiète-t-il vraiment de la mobilité et du climat ? Ou se laisse-t-il uniquement guider par ses préoccupations financières ?

Le Syndicat libéral souhaite expressément mettre le projet à l’ordre du jour du Conseil national du Travail/Conseil central de l’Économie.

CGSB

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