Budget : « Ce gouvernement ne sera donc jamais le gouvernement de la justice fiscale »

Raoul Hedebouw (PTB) sur le budget 2017 : « Plutôt que de s’attaquer aux malades, aux salaires et aux pensions, c’est aux grandes fortunes qu’il fallait s’en prendre. Pas après-demain, mais aujourd’hui. »
« Bloqueurs de salaires, sabreurs de pensions, chasseurs de malades, dérégulateurs d’horaires, oui, mais justiciers fiscaux, ils ne le seront jamais, réagit Raoul Hedebouw, le porte-parole national du PTB, à l’accord budgétaire du gouvernement fédéral. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », dit Charles Michel lorsqu’il s’agit de faire payer les travailleurs de ce pays et de ne pas toucher aux plus fortunés. »
Raoul Hedebouw : « Le gouvernement réalise 1,3 milliard d’économies dans notre sécurité sociale et dans l’assurance-maladie. Comme si être malade ne coûtait déjà pas assez cher. Mais, d’une taxe des millionnaires, il n’en est pas question, et il n’y a même plus aucune trace d’une « taxe sur les plus-values sur actions » – ce qui constituait prétendument un point de rupture pour le CD&V. Oui, on continuera à « étudier » l’idée, et le Premier ministre a promis de mentionner cette taxe inexistante sur les plus-values dans sa déclaration gouvernementale de dimanche. La Belgique n’est pas pour rien le pays du surréalisme. Aujourd’hui, la presse évoque à nouveau des chiffres sur le 1 % de notre pays qui a amassé une fortune scandaleusement gigantesque mais qui ne paie tout simplement pas d’impôts sur celle-ci. C’est inacceptable. »
« Ce gouvernement n’est et ne sera jamais le gouvernement de la justice fiscale, mais bien de l’injustice sociale, observe le porte-parole du parti de gauche.C’est toujours la même chose avec ce gouvernement : quand il s’agit de faire contribuer les plus riches, on reporte à plus tard. Quand il s’agit de faire payer les travailleurs, on applique la décision immédiatement. Les malades ? Ils devront payer plus. Maggie De Block parle « d’économies au scalpel fin ». Mais 900 millions, c’est plutôt la hache.
Les salaires ? Ils seront bloqués pour dix ans. Or les salaires ne font pas partie du problème, mais de la solution pour donner de l’oxygène à notre économie. La semaine de travail ? Elle pourra être allongée jusqu’à 45 heures. Des heures supplémentaires dérégulées, des semaines plus longues… ce n’est pas une modernisation du 21e, siècle mais une dérégulation du marché du travail qui nous ramène vers le 19e siècle. Et la nouvelle loi sur le travail sera présentée un dimanche à la Chambre, et c’est là bien plus qu’un symbole. Les pensions ? Elles baisseront jusqu’à 125 euros par mois pour les prépensionnés et les chômeurs. Le travail de nuit ? Il sera généralisé dans l’e-commerce, sans contrôle des syndicats. Et tout ça pour quoi ? Pour nous plonger encore plus profond dans la crise. »
« Si le gouvernement a décidé de faire sauter dans les faits la concertation sociale sur les salaires, le marché du travail, les pensions, l’e-commerce, il ne devra pas s’étonner d’une reprise de la résistance sociale », ajoute Raoul Hedebouw.
Trois propositions pour une justice fiscale et pour un réel investissement dans la société
1. Investissons (au lieu de continuer à pratiquer l’austérité) avec une taxe des millionnaires. Le 1% le plus riche de la population possède une fortune de 420 milliards d’euros. Ce n’est pas un slogan, c’est – malheureusement – la réalité. Nous avons déposé une proposition de loi solidement étayée pour épargner la classe moyenne et toucher uniquement la mince couche supérieure. C’est la Taxe des millionnaires. Son produit pourrait être investi dans de nouveaux emplois (dans l’enseignement, le secteurs de soins, l’écologie, la construction), dans la recherche publique et le développement et dans un refinancement de la sécurité sociale (pensions).
2. Supprimons les mesures fiscales de faveur élaborées spécialement pour les grandes entreprises. C’est-à-dire : la suppression de l’exonération fiscale des plus-values sur actions et la suppression des intérêts notionnels. Ces deux mesures peuvent servir à combler le trou dans le budget.
3. Instaurons le modèle Kiwi d’appel d’offres public dans les soins de santé. Par ce système, seul le médicament vendu au pris le plus bas (parmi les produits aux caractéristiques identiques) serait remboursé par les mutuelles. Cela ferait une économie de plus d’1 milliard d’euros pour la sécurité sociale, et ce serait une bonne chose pour les patients, qui bénéficieraient de médicaments à un prix abordable. C’est bien mieux que de raboter une nouvelle fois dans tous les coins des soins de santé pour épargner 900 millions d’euros.
PTB

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