Brexit : Une nouvelle Convention sur le futur de l’Europe est demandée

Dans le nouveau contexte déterminé par l’éventuelle sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne, la relance du chantier pour une Europe sociale, démocratique, durable et citoyenne doit trouver place au centre des négociations pour un nouvel espace politique commun.
Remettre en cause l’Europe d’aujourd’hui sert à comprendre les raisons du Brexit
La majorité politique actuelle de l’UE, asservie à la loi du libre Marché et à sa logique de croissance effrénée, ne cesse de détricoter nos acquis sociaux, de privatiser nos biens communs, de marchandiser nos droits et de libéraliser nos services publics. Tout ceci au mépris des nécessités qui apparaissent fondamentales et vitales à un nombre croissant de citoyens de tous bords et conformes aux recommandations des instances internationales qui œuvrent à un meilleur équilibre mondial.
Une Europe purement libérale, dérégulée, industriellement délocalisée et de plus en plus robotisée, n’aboutit qu’à la croissance scandaleuse et non durable des richesses du 1% des plus riches au détriment des autres 99% qui en deviennent, chaque jour, de plus en plus, les victimes.
Le pouvoir Politique ne prime plus sur les règles du Marché, et les juridictions européennes ou nationales n’arrivent plus a prendre leurs responsabilités en cas de conflits et les résoudre dans des termes et des délais décents. Des comités d’experts et des tribunaux internationaux sans légitimité constitutionnelle parce qu’aux mains de juges nommés à durée déterminée se substituent à nos juges européens et nationaux pour décider de normes qui façonneraient nos vies privées et publiques.

La montée de la xénophobie et du repli nationaliste sont des pièges que l’EU aurait pu éviter si elle avait réussi à doter son Parlement du droit d’initiative et du pouvoir législatif.
La crise engendrée par le vote des citoyens du Royaume-Uni doit être l’occasion d’une remise en cause de l’actuelle politique de libre-échange sans limites.
Le Brexit annonce en plus que l’UE va se vider de sa légitimité, à moins de mettre en place une nouvelle démocratie participative et délibérative. Il faut que désormais, nos représentants élus démocratiquement ne décident plus tout au long de leur mandat sans consultation et sans concertation avec les citoyens : l’époque de cette « carte blanche » une fois élus est révolue : il en va de la légitimité de leurs mandats et de la survie-même de l’Union européenne.
Inventer ensemble l’Europe solidaire de demain
Les pionniers de l’Europe voulaient bâtir une Europe à la fois économique, politique, démocratique et sociale avec pour objectif le service de tous les citoyens européens, c-à-d: le travail pour le bien-être de tous, la protection des plus faibles, la promotion de la diversité culturelle, de la paix et de la solidarité. A cela s’ajoute la dimension environnementale, de plus en plus préoccupante face à la menace du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources naturelles.
C’est aujourd’hui que les citoyens européens concernés que nous sommes doivent réaffirmer leurs valeurs humanistes et leurs principes fondamentaux à cette Union européenne qui les oublie et prône des politiques de privatisation, de marchandisation et financiarisation tout en défigurant les acquis et les protections sociales et environnementales les plus essentielles qui sont ses vraies racines.
C’est la responsabilité de nos mandataires politiques élus de façonner nos règles aux quatre niveaux décisionnels: local, régional, national et européen. Leurs décisions doivent être et demeurer contraignantes, quels que soient les traités conclus avec des tiers.
Il importe notamment de veiller à ce que nos cours de justice restent les seules à pouvoir trancher en dernier recours de façon équitable et indépendante selon nos lois européennes et nationales.
C’est pour que cette nouvelle Europe se matérialise que les citoyens et résidents européens doivent assumer leurs responsabilités.
C’est aux citoyens et aux résidents européen de faire échec aux accords de type CETA ou TTIP, négociés de façon illégitime et sans aucune consultation alors que ceux-ci concernent directement leur avenir et feraient obstacle de manière intrusive à la construction d’une Europe plus sociale, plus démocratique et durable.
Ecrire ensemble une véritable Constitution européenne
Face aux échéances, il est urgent que les citoyens et les résidents se mobilisent dans les institutions, dans leurs associations, dans la rue, et auprès de leurs représentants politiques afin que ceux-ci prennent en compte leurs exigences. Il s’agit rien moins que d’empêcher les oligarchies et les monopoles internationaux de promouvoir des systèmes de gouvernance privée en lieu et place des gouvernements démocratiquement élus.
De nouvelles formes d’expression de la volonté et des opinions citoyennes doivent être mises en place, comme la soumission de la Commission européenne à un Parlement européen en tant que véritable organe d’initiative et de légifération. La confiance envers nos institutions n’aurait pas diminué si le pouvoir exécutif qu’exerce la Commission avait été placé sous le contrôle démocratique du Parlement européen.
C’est au Parlement européen maintenant de proposer au Conseil européen la mise en place d’une nouvelle Convention sur le futur de l’Europe conformément aux dispositions prévues par l’article 48 du Traité de l’Union. C’est au Parlement européen de se charger ensuite de sa mise en œuvre. C’est à une nouvelle Convention de redéfinir le futur d’une Europe intégrant véritablement ses dimensions sociales, culturelles, démocratiques et citoyennes comme base solide du bien-être humain et d’une économie réellement durable, tenant compte des impératifs environnementaux.
Mettons en valeur la participation des citoyens et des résidents et redéfinissons ensemble l’exercice de la démocratie représentative entre les institutions locales, régionales, nationales et européennes.
Renforçons l’exercice de la démocratie participative et délibérative. D’autres formes de consultations peuvent aussi être créées comme des consultations paneuropéennes promulguées sous le contrôle du Parlement Européen, tant en ce qui concerne leur forme, que leur contenu et leur finalité.
Participons ensemble dans une Convention qui préfigure une véritable Constitution européenne: c’est à nous, citoyens et résidents européens de construire notre futur, celui de nos enfants et des générations à venir.
Œuvrons tous ensemble et par delà de nos diversités culturelles et religieuses, dans nos propres langues qui expriment si bien la richesse des nuances de nos esprits critiques, pour une véritable Europe sociale et durable, réellement démocratique et citoyenne.

Mettons en place une nouvelle Convention sur le futur de l’Europe.

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