Aux « Grignoux », à Liège et à Namur, ces 27 et 29 Mars

Ce lundi 27 mars, à 20h, au « Caméo »-Namur, une « rencontre autour de l’extrême droite, après la projection de « Chez Nous » (Lucas Belvaux/Bel.-Fra./2016/117’/avec Emilie Dequenne & André Dussolier). Synopsis: « A Hénart, dans le  Pas de Calais,  Pauline Duhez, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales… »

« Chez nous »

« Nous n’avons pas attendu les buzz et autres convulsions du ‘Front National’ pour défendre le cinéma de Lucas Belvaux. Une fois de plus, nous affirmons la finesse, l’intelligence de son cinéma, qui pose les bonnes questions concernant les régions et strates sociales gagnées par les populismes de la droite extrême… Ce film fait froid dans le dos, en particulier parce qu’il prend acte de cette dé-diabolisation du discours extrémiste. Il ne s’agit plus de montrer du doigt une figure controversée et de parler de la résurgence de la bête immonde en poussant des cris d’orfraie. Le souffle tiède du racisme et de l’intolérance ne se décline plus (seulement) à coups de provocations, mais à petits pas feutrés, via une rhétorique séduisante qui sait s’appuyer sur des injustices bien réelles et une stratégie politique bien rodée » (c) « Les Grignoux ».

« Chez nous »

Lucas Belvaux, le réalisateur namurois, confiait au « Monde »: « Mon film a l’ambition de décrire dans sa complexité l’implantation d’un parti en quête de respectabilité… » Se décrivant comme étant un cinéaste de gauche, il poursuit: « Le ‘FN’ aime une France morte héritée du gauchisme », ajoutant: « Nous avons dû nous dépêcher pour que ce film puisse être vu avant le élections… Si mon film est ‘engagé’, il n’est pas ‘militant’, n’étant pas tant anti-‘FN’, mais portant plutôt sur le discours populiste. »

Florian Philippot, d’ « Europe 1 » disait, vu sa sortie à quelques semaines des élections françaises, dans l’émission « Grand Rendez-vous », du 1er janvier: « Ce film est absolument inadmissible. » De son côté, Laurent Dandrieu, critique de cinéma, écrivait qu’ « appréciant la justesse d’interprétation de certains rôles, je regrette, néanmoins, que le personnage campant Marine Le Pen ne soit qu’ « une caricature épaisse, comme l’ensemble du scénario ». A  l’inverse, François Quenin, chroniqueur pour « Culture-Tops » voit dans ce film une « réussite exceptionnelle ».

Assurément, ce film mérite donc de programmer un débat, proposé, au « Caméo-Namur », en partenariat avec la  « Province de Namur et la « Plateforme de lutte contre le Racisme ». Ainsi, après la projection, nous pourrons poser nos questions à Manuel Abramowica, auteur d’essais politiques sur l’extrême droite et journaliste indépendant pour « RésistanceS« , une revue anti-fasciste belge.

Pour en venir à la distribution de « Chez nous », notons les récompenses attribuées à ses principaux protagonistes. Pour Emilie Dequenne: « Prix d’Interprétation féminine », à Cannes, en 1999, (pour « Rosetta », « Palme d’Or » du  « Festival ») et en 2012, dans la section « Un certain Regard » (pour « A perdre la Raison »), « Magritte de la meilleure Actrice », en 2013 (pour « A perdre la Raison ») et en 2015 (pour « Pas son Genre ») et « Prix de la meilleure Actrice dans un Film en Langue étrangère » du « Festival de Palm Springs », en 2013 (pour « A perdre la Raison »). Pour André Dussolier: « Magritte d’Honneur », en 2017, « César du meilleur Acteur », en 1998 (pour « On connaît la Chanson »), « César du meilleur Acteur dans un second Rôle », en 1993 (pour « Un Coeur en Hiver ») et en 2002 (pour « La Chambre des Officiers »), sans oublier, au théâtre, « Molière du meilleur Comédien dans un Spectacle de Théâtre public », en 2015 (pour « Novecento »). Quant au réalisateur, Lucas Belvaux, il est le lauréat de deux « Magritte du meilleur Scénario original ou Adaption », en 2014 (pour « 38 Témoins » et en 2015 (pour « Pas son Genre »).

Ce film sera au programme, à Liège, au « Cinéma Sauvenière », le mercredi 29 mars, à 20h, suivi d’une débat intitulé: « Extrême droite et droite extrême, vieilles recettes, nouvelles casseroles? », avec la participation de Manuel Abramowicz, déjà cité, et Isabelle Simonis, Ministre communautaire de l’Egalité des Chances, avec la présentation des initiatives « Triangle rouge », « Clic Gauche » et « T’as de beaux clichés tu sais ».

Toujours à Liège, mais ce soir, lundi 27 Mars, à 20h, au « Cinéma Churchill », projection du film « Casablanca » (Michael Curtiz/USA/1942/102’/avec Ingrid BergmanHumphrey Bogart). Synopsis: « A Casablanca, pendant la seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. Mais l’établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n’est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie… »

« Casablanca »

La projection de ce film, en noir-et-blanc, sera présenté par Alain Hertay, maître-assistant à la « Haute Ecole de la Province de Liège ».

Alors, si vous aimez vous replonger dans l’histoire du « 7ème Art », n’hésitez pas à voir ou revoir « Casablanca », un film dont l’on dit que « chaque soir, sans exception, au moins un cinéma à Paris, Londres ou New York affiche Casablanca. Belle légende qui traduit l’engouement pour ce film à toutes les époques et auprès de tous les publics » (c) « Les Grignoux ». Site: www.grignoux.be.

Yves Calbert.

 

 

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